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Écrite par Rouletabille le 12 février 2007 (29776 mots)

Dernière édition le 01 mai 2007

Première partie : Exploration

Chapitre 1 : Découverte
Lundi après-midi:

Ulrich esquiva le tir du mégatank, en se jetant de coté. Le tir le frôla, son bruit couvrant le cri de surprise de Yumi. Il se releva promptement.
- Ulrich attention, hurla la voie de Jérémie résonnant de manière étrange sur lyoko, la mer numérique est juste derrière toi !
- Triplicata, cria Ulrich d’un ton impassible, comme seule réponse au vacarme des tirs et des cris.
Depuis les écrans du laboratoire de l’usine, Jérémie suivait nerveusement l’affrontement, qui se déroulait sur le territoire forêt. Il poussa un soupir de soulagement en voyant Ulrich utilisait son triplicata, qui lui redonnait une certaine protection face aux tirs meurtrier du mégatank.
- Attention, Ulrich ! Prévint néanmoins Jérémie. Tu as encore 80 points de vie ! Un tir ne te dévirtualisera pas, mais t’enverra dans la mer numérique.
Sur le territoire forêt, Yumi et Aelita suivait le combat, sans y prendre part. Pendant que Odd et Ulrich faisaient diversion, elles devaient faire un détour, pour gagner la tour activée, sans se faire repérer, par les gardiens que Xana avait envoyés, défendre la tour. Yumi s’arrêta avec Aelita à couvert d’un tronc d’arbre géant, présentant un piège. Les deux filles jetèrent un coup d’œil attentif, au duel qui se poursuivait.
Yumi observa minutieusement, mais rapidement le champ de bataille. Le terrain praticable autour de la tour était extrêmement large et moyennement boisé. Ce qui était peu habituel, dans le territoire forêt, plutôt composé de sentiers étroits et longs, où les arbres étaient légions. Mais au moins aujourd’hui, Ulrich et Odd avaient un espace de manœuvre conséquent. Quand le regard de Yumi s’arrêta sur son ami en difficulté, son visage se crispa. Ce vaste terrain n’avait pas empêché Ulrich de se faire repousser et adosser au vide numérique.
Celui-ci sourit, le mégatank s’était ouvert, mais pivotait de droite à gauche contemplant les trois adversaires, qui lui faisaient face. Visiblement déconcerté, il hésitait à tirer.
- Parfait ! Murmurèrent satisfaits les jeunes samouraïs, devant l’absence de réaction de leur ennemi.
Les trois Ulrich s’élancèrent en courant, attaquant les premiers. Du moins, c’est ce qu’ils croyaient, car un cri retentit, les surprenant et les stoppant net dans leur élan.
- Bien, flèche laser !! Hurla Odd en faisant un bon prodigieux en l’air et en ouvrant le feu.
Le mégatank se referma immédiatement. La fléchette d’Odd termina sa course sur la carapace blindée de la cible. Celle-ci se rouvrant sur le champ, tira. Odd l’air un instant désemparé, se réceptionna superbement, au moment même où le tir du mégatank, lui percutait violemment la figure. Il fut projeté en arrière, en se dévertualisant.
- Pas bien, game over ! Dit-il, avant de disparaître du monde virtuel.

Pendant, que la bataille se poursuivait sur lyoko, au collège Kadic, la vie suivait son cours. En cette fin de lundi après midi, certains élèves avaient déjà finis leurs cours, pour les autres, la dernière heure commençait.
Dans un couloir du premier étage du bâtiment de chimie, un jeune garçon marchait plonger dans ses pensées. Hiroki Ishiyama, le frère cadet de Yumi, avançait sans savoir qu’en ce moment sa sœur, était en train de se battre, dans un monde qui lui était complètement inconnu.
Pour l’instant, il marchait se souciant peu des dernières exclamations, qui marquaient habituellement la sortie de 16h00. Lui était resté, pour parler un peu avec madame Hertz, sa professeur de physique - chimie. Il lui avait demandé, quelques dernières précisions sur son cours. D’ordinaire, il se hâtait de partir, une fois le cours achevé. Mais cette semaine, la proximité des contrôles et la pression de son père, qui aimerait que son fils obtienne des résultats dignes de ceux de sa sœur, obligeaient le garçon à mettre plus de sérieux, dans son travail scolaire.
Les derniers élèves qui avaient la malchance d’avoir un ultime cours de 16h00 à 17h00, finissaient de rentrer dans les salles, alors que ceux ayant terminés leur journée avaient pour la plupart vidés les lieux. Hiroki marchait dans le couloir désert et désormais silencieux, essayant de bien se souvenir, de ce que Madame Hertz venait de lui expliquer. Plongé dans ses pensées, il n’avait pas vu que la lampe sous laquelle il passait, clignotait étrangement.
Xana observait le jeune garçon. Il le vit passait seul, l’occasion était idéale. Un spectre noir sortit lentement de la lampe, avant d’y rentrer précipitamment. La voie d’une femme avait retentit dans le couloir.
- Hiroki, attend ! Cria cette voie, que le garçon identifia comme celle du professeur, qu’il venait de quitter.
Madame Hertz s’avança rapidement vers lui, un cahier à la main. Elle s’arrêta devant lui et lui tendit le cahier.
- C’est le cahier d’Aurélie Latris, elle l’a oublié dans la salle. Dit-elle. Tu la connais non ?
- Oui, un peu, se contenta de répondre Hiroki.
En effet, ils se connaissaient, mais ils étaient loin de s’apprécier. Cependant madame Hertz semblait ignorer ce détail.
- Elle est externe, comme toi et n’habite pas loin du collège. Tu pourrais aller lui rendre, s’il te plaît ? Demanda immédiatement madame Hertz, sur un ton qui s’apparentait plutôt à un ordre.
L’idée d’allait voir, Aurélie ne l’enchantait guère, mais il ne voulait pas déplaire à son professeur, à la veille d’un contrôle.
- Je ne sais pas, où elle habite. Répondit-il, de manière innocente. En plus c’était vrai et cela lui permettrait d’esquiver ce travail.
- Elle habite, au 33 rue du Maréchal Juin, répondit aussitôt, madame Hertz avec un grand sourire. Je le sais, j’avais parlé de ça avec elle, lors du dernier conseil de classe.
- Très bien, je vais aller, lui redonner, dit finalement Hiroki, en tentant d’y mettre de l’enthousiasme.
- Je te remercie. Bon à vendredi et révise bien pour le contrôle. Tu as besoin de remonter ta moyenne en physique, dit le professeur d’un ton catégorique, en retournant en direction de la salle qu’elle avait quittée, il y a quelques instants.
Hiroki reprit sa marche sous le regard de Xana. Ce dernier avait déjà calculé sa nouvelle attaque et il se devait d’agir vite, car il avait sentit sur lyoko que son mégatank avait éliminé Odd, mais n’avait pas repéré ni Yumi, ni Aelita. Prévoyant que madame Hertz retournerait vers sa salle, reprendre ses affaires et que Hiroki poursuivrait son chemin en sens inverse, il avait préparé son embuscade. Il vit comme prévu, le jeune garçon passait devant une salle de physique, dont la porte avait été laissée grande ouverte. Plusieurs appareils électriques étaient présents, juste à coté de l’entrée et ils étaient branchés. Le spectre de Xana sortit de l’un d’eux et guetta le passage du petit frère de Yumi.

Ulrich voyant Odd se faire abattre repartit à l’attaque, espérant frapper le mégatank avant qu’il ne se referme. Il allait l’atteindre quand une volée de lasers abattit un de ses doubles et força les deux autres à stopper leur avance. Furieux, ils relevèrent la tête et virent trois frolions passés en formation au dessus d’eux. Le mégatank s’était refermé. Les deux Ulrich restant se préparèrent à l’affronter, mais celui-ci rompant le combat, se retira rapidement vers la tour. Les Ulrich déconcertés virent aussi, que les frolions ne revenaient pas à la charge. Ils comprirent, quand Jérémie hurla un ordre à leur attention.
- Ulrich, fait quelque chose, Xana a repéré les filles !!
Il n’en fallait pas plus, pour que ceux-ci se lancent à la poursuite du mégatank, en espérant que Yumi pourrait facilement se débarrasser des frolions, contre lesquels ses sabres ne seraient que peu efficaces.
Yumi avait repéré le danger, avant même que Jérémie le signale. Elle et Aelita étaient arrivés à proximité de la tour, mais elles virent que les frolions se lançaient à leur poursuite, alors que le mégatank fonçait vers la tour, pour leur en interdire l’entrée. Elles se mirent à l’abri derrière un arbre et attendirent le choc de l’attaque des frolions. Ceux-ci plongèrent et ouvrirent le feu. Aucun tir n’atteint les filles, bien abrités. Mais seulement deux frolions avaient attaqués, alors que le dernier contournait l’arbre pour les prendre à revers. Il se prit juste un éventail de Yumi, qui ne s’était pas laissé surprendre, elle. En même temps, elle avait envoyé son second éventail, en direction des deux autres. Mais, d’un tir de laser bien placé, l’un d’eux dévia l’attaque, envoyant l’éventail se perdre bien loin dans la mer numérique. Yumi étouffa une exclamation de rage et tendit la main, pour rattraper l’éventail qu’elle avait lancé contre le premier des insectes de Xana. Mais, l’un des second frolions tira sur l’éventail l’empêchant de revenir entre les mains de sa propriétaire, qui était désormais désarmée.
Au même moment le mégatank voyant Ulrich le chargeait, tira et atteignit sa cible, mais il avait perdu de vue le dernier Ulrich. Celui-ci n’avait pas foncé vers le mégatank, mais avait jugé préférable de porter secours aux filles, en attaquant par surprise les frolions. Voyant l’éventail de Yumi déviait de sa route, pour venir en sa direction, il le bloqua d’un coup de sabre, l’attrapa dans sa main gauche, fonça vers les insectes volants de Xana et d’un bon prodigieux détruisit par surprise, le premier frolion et envoyant l’éventail sur le second le détruisit également à la surprise générale, y compris à la sienne. Ulrich se réceptionna au sol, content de ce succès et s’attendait à voir Yumi le félicitait, mais il la vit lui désignée catastropher, quelque chose derrière lui.
- Ulrich ! Attention ! Hurlèrent en chœur Yumi et Aelita.
- Le mégatank ! Lui cria Jérémie.
Le jeune homme n’eut même pas le temps de se retourner. Il se prit un tir puissant en plein dans le dos, qui l’envoya voler aux pieds de Yumi.
- Ulrich, 30 points de vie ! Aelita, 100 points de vie ! Yumi, 100 points de vie ! Faites attention ! Cria Jérémie dans son micro. Sa voie trahissait son angoisse.
Alors, qu’Aelita se penchait sur Ulrich. Yumi s’élança en direction de son éventail qui avait détruit le frolion, pour terminer sa course ficher dans un arbre. D’une pirouette adroite, elle esquiva un nouveau tir du mégatank. Celui-ci continua sur sa trajectoire, en direction des deux autres lyokoguerriers, pour être stoppé par le sabre du samouraï, qui semblait particulièrement furieux.
- Tu ne m’auras pas, deux fois ! Hurla t’il en faisant barrage au tir, qui néanmoins le fit reculer.
Le mégatank arrêta son tir et eut juste le temps de voir, un éventail meurtrier arrivait, sur son centre. Il explosa provoquant une forte secousse, ce qui n’affecta pas les trois adolescents.
Dans le laboratoire, Jérémie poussa un cri de joie. Avant de donner de nouvelles directives.
- C’est bon la voie est libre, cette fois. Aelita, tu peux y aller !
Ulrich et Yumi la virent s’éloigner, avant de se regarder à leur tour. Un simple regard, leur suffit en guise de félicitations pour ce combat. Ils semblèrent néanmoins, vouloir dire quelque chose, mais s’arrêtèrent quand ils entendirent la voie de Odd, qui devait être arrivé à coté de Jérémie.
- Quoi, j’ai manqué la fin du film, c’est pas vrai !
- Qu’est ce que tu faisais ? demanda Jérémie. Je pensais que tu remonterais plus vite.
- Tu sais les retours de lyoko, c’est pas de tout repos. En plus que ce matin, Ulrich m’a réveillé à 6h00, pour faire une révision avant le contrôle. Il avait oublié que c’était mercredi, je te dis pas ! Avec tout cela, je fatigue moi !
- Ca va, j’ai passé plusieurs nuits sans dormir et je suis encore là.
- Oui, mais tu ressembles de plus en plus à un fantôme. Je suis sûr que te croisais, dans un couloir obscur la nuit, doit foutre la trouille. Faudrait qu’on essaye sur Sissi, tient.
Avec la destruction du mégatank et l’arrivée de Odd, l’ambiance dans le laboratoire s’était subitement détendue. Le génie avait répondu au comique de service de sa voie calme et assurée, qui tranchait complètement avec le ton anxieux avec lequel, il avait parlé pendant le combat. Odd n’avait vraiment pas son pareil, pour faire retomber la pression, dans l’équipe.
Sur lyoko, Ulrich et Yumi écoutèrent avec un petit sourire, les sorties de Odd. Ulrich aurait voulu dire quelque chose à Yumi, mais celle-ci regardait Aelita qui rentrait dans la tour et le jeune homme pensa, que ce n’était peut-être pas le moment, ni le lieu pour lui parlait.
Aelita avec le même sérieux, qui la caractérisait quand elle désactivait une tour, s’avança sur la première plate-forme et commença à s’élever majestueusement dans les airs, pour gagner la plate-forme supérieure.

Hiroki marchait tout en essayant de fourrer sans grand soin, le cahier d’Aurélie dans son sac. Il s’arrêta en passant devant une porte ouverte d’une salle de cours. Un bruit venait d’attirer son attention. Un bruit d’étincelle, comme un appareil électrique en train de griller. Il tourna la tête et vit une espèce de fumée noire, qui arrivait juste au niveau de son visage.
- Hé !! Cria t’il surpris, en lâchant son sac et en reculant d’un pas, alors que la fumée semblait essayer de le capturer.
Son cri de surprise, n’avait pas échappé à madame Hertz, qui s’était retourné, alors qu’elle était devant sa salle et vit l’étrange fumée, qui semblait attaqué Hiroki.
- Qu’est ce que... Commença t’elle à articuler.
Elle n’eut pas le temps, d’en dire plus, Hiroki en proie à une sorte de malaise, avait une sorte de sensation étrange et irrésistible, comme si une autre personne voulait entrer en lui. Il voyait le monde autour de lui au ralenti et entendit comme étouffée une explosion. Immédiatement, après celle-ci, la fumée se dissipa et il eut l’impression de revenir brutalement sur terre. Il recula encore d’un pas, avec l’impression, que le monde vacillait autour de lui.
Madame Hertz vit elle aussi la fumée se dissipé au moment où l’explosion eut lieu. Elle se précipita en direction de son élève, avec une rapidité qu’elle-même ne se serait plus crue capable d’atteindre. Elle eut l’impression d’avoir retrouvé sa jeunesse, l’espace d’un instant. Quand elle arriva au prêt d’Hiroki, sa première question fut naturellement :
- Ca va bien ?
- Oui répondit, celui-ci, qui avait l’impression, que le monde redevenait normal, en à peine quelques instants, comme si la sensation avait été balayée, disparue, après s’être brièvement manifestée.
Madame Hertz entra aussitôt, d’un air décidé dans la salle et vit l’un des appareils, servant aux expériences avec l’électricité en train de brûler. De toute évidence, c’était lui qui avait fait explosion. Ce qu’elle ignorait, c’est que c’était au travers de lui, qu’une intelligence artificielle malintentionnée avait voulu prendre le contrôle de son élève.
- Un extincteur, vite ! Cria t’elle à l’attention d’Hiroki, alors qu’elle-même prenait immédiatement l’appareil posé juste à coté de celui en feu, pour essayait d’éviter que celui-ci ne s’étende.
Hiroki qui semblait avoir retrouvé tous ses moyens, se précipita vers l’extincteur mural, le plus proche, alors que la sirène d’incendie retentissait. Le feu semblait avoir été détecté. Immédiatement, il y eut un raclement de chaises et quelques exclamations réjouies des élèves qui pensaient que cette alerte, allait achever leurs cours plus tôt que prévu.
- Que se passe t’il ? Dit une voie.
Hiroki qui venait de se saisir de l’extincteur, tourna la tête. Ce qu’il vit ne le lui fit pas vraiment plaisir, mais il ne le montra pas. Un garçon portant des vêtements noirs et rouges rappliquait dans sa direction. Il reconnut, comme étant William Dunbar. Aux yeux du petit frère de Yumi, ce n’était qu’un bellâtre qui tournait autour de sa sœur. A ce titre, Hiroki ne l’appréciait pas du tout.
- Le feu, pardi ! Répondit-il simplement.
- Vu ! S’exclama d’un ton déterminé William, qui venait de voir un peu de fumée sortir d’une salle de cours.
Il arracha l’extincteur des mains d’Hiroki, courut jusqu’à la salle et tira de la neige carbonique vers le foyer des flammes. Son tir ayant été précipité, il aspergea au passage madame Hertz, qu’il ne s’attendait pas à voir ici.
- Désolé, madame ! Dit-il en achevant d’éteindre le feu. Pas fait exprès !
Celle-ci ayant eut droit, à un tir en plein dans la figure, avait reculé et enlevé ses lunettes. Malgré sa vue défaillante, elle était persuadée que William était plus amusé par sa bêtise, que désolé. Elle avait sûrement l’air furieuse, mais elle était surtout occupée à enlever la mousse de l’extincteur, qui lui couvrait le visage.
Xana observait la scène, mais n’essaya pas d’agir de nouveau. Il venait de sentir sur lyoko, que son mégatank, son dernier monstre en faction venait d’être anéanti.
En dehors du bâtiment, les derniers élèves qui auraient dû avoir cours, étaient rassemblés, sous la conduite de leurs professeurs. Au total, il n’y avait que deux classes, dont celle de Yumi. Les deux enseignants achevaient de s’assurer, que leurs élèves étaient tous là, mais le plus jeune d’entre eux s’exclama :
- Où est William Dunbar ? Et Yumi Ishiyama vous ne l’avez pas vu ? Demanda t’il autoritaire à ses élèves.
- Yumi n’était pas là, quand on est arrivé devant la salle, alors William est parti la chercher. On ne les pas vu revenir. Ils ne sont peut-être pas dans le bâtiment. Répondit Matthias Burel, un camarade de classe des deux concernés.
Le second enseignant l’air grave, téléphone en main, avait appelé le proviseur.
- Oui monsieur Delmas. L’alarme incendie s’est déclenchée. Nous sommes sortis, mais il manque deux élèves.
Le premier enseignant et les élèves se turent et observèrent, le professeur et son téléphone, attendant visiblement de savoir la suite du programme.
- Vous prévenez les pompiers et vous arrivez ? Bien monsieur Delmas, nous attendons. Dit le professeur, avant de raccrocher.
- Nous attendons ?! Hurla presque le premier professeur. J’ai deux élèves qui manquent et je vais aller les chercher, moi.
Il se dirigea immédiatement vers l’entrée du bâtiment des sciences, mais son collègue le retient par l’épaule.
- Tu restes là. Lui dit-il. C’est le règlement et...
Il n’eut pas le temps d’achever sa phrase. William venait de sortir en courant du bâtiment, il s’arrêta devant les enseignants.
- C’est bon, j’ai éteins l’incendie. Dit-il sans autre préambule. Ce n’était rien, juste un appareil électrique, qui avait pris feu.
- Où est Yumi ? Lui demanda immédiatement, son professeur.
- Je n’en sais rien, je ne l’ai pas trouvé. Mais, il n’y a plus rien à craindre. Madame Hertz et un sixième arrivent. C’est eux qui ont découvert l’incendie. Elle m’a envoyé vous dire, qu’il n’y avait plus de danger, mais qu’il fallait attendre, avant de rentrer dans le bâtiment.
- Très bien, mais je voudrais bien savoir où est Yumi.
Ca, William se le demandait aussi, mais il n’eut pas le temps d’y réfléchir. Madame Hertz sortit, accompagné d’Hiroki. Tous les élèves, la regardèrent surpris, car elle semblait avoir été aspergé par un extincteur. Il y eut quelques rires, qui cessèrent devant le regard furieux des professeurs.
- Que s’est-il passé ? Demanda le professeur de Yumi et William.
- Un appareil électrique qui a pris feu. C’est bon, le feu a été maîtrisé. Répondit-elle avait un regard foudroyant à William.
- Qu’est ce que ce sixième fait là. Dit le second enseignant, en désignant d’un geste vague Hiroki.
- Il était resté me demandé quelque chose. J’ai découvert le foyer de l’incendie avec lui.
Les professeurs et leurs élèves écoutaient tous ce que disait madame Hertz, qui n’avait jamais même pendant ses cours, eut droit à autant d’attention. Mais elle n’en dit pas plus. Elle venait de voir deux hommes, qui arrivaient en courant dans leur direction. Tous reconnurent le proviseur accompagné de Jim le professeur de sport.

Aelita se mit devant l’interface, elle fut identifiée, puis elle tapa le code Lyoko.
A l’usine, Jérémie et Odd regardèrent l’écran. Jérémie poussa un soupir de soulagement.
- C’est bon. Tour désactivé. Dit-il, d’un ton neutre.
Aelita sortit de la tour. Ulrich et Yumi l’attendaient dehors.
- Alors Jérémie, il y a besoin d’un retour dans le passé ou on peut revenir sur terre. Demanda calmement Yumi.
- A mon avis, Xana n’a pas pu faire quoi que ce soit d’important, en si peu de temps. Pas la peine de faire un retour dans le passé. Je vous ramène immédiatement. Aelita va dans une tour, je m’occupe de toi en premier. Lui répondit, le jeune prodige, en pianotant à grande vitesse, sur son clavier.
- Et voilà, la princesse passe toujours en premier. Tu sais quoi, Einstein ? Tu devrais penser à nous aussi. Une journée supplémentaire de révision avant les examens, ça ne serait pas trop mal. Dit Odd, qui avait pris un air faussement inquiet, en parlant des examens.
- Parce que tu révises, maintenant ? D’habitude, tu regardes toujours sur ma copie. Lui dit Jérémie, en souriant d’un air railleur. Ah C’est bon, va y Aelita.
Aelita rentra dans une tour neutre, alors que Yumi et Ulrich restaient dehors comme des sentinelles. Elle se laissa emporter en lévitation, jusqu’à la plate forme supérieure, comme quand elle avait désactivé la tour possédé par Xana. Elle fut de nouveau identifiée, mais tapa cette fois-ci le code TERRE.
Un scanner s’ouvrit, Aelita en sortit quelque peu secouer. Elle n’aimait pas vraiment les retours sur terre, ils étaient un peu trop brutaux à son goût. Elle regarda les deux autres scanners et attendit.
- Bon ! Dit Ulrich impatient. On attend. Tu sais, on n’a pas toute la journée.
- C’est vrai. S’exclama Yumi, affolée. J’ai complètement oublié, que j’avais encore un cours.
La voie de Jérémie se fit entendre, rassurante.
- Je vous ramène ! Voilà, ça y est ! Dévertualisation !
Les scanners de l’usine s’ouvrirent, laissant sortir, Ulrich et Yumi. Aelita, les accueillit.
- Bon retour, sur terre. Dit-elle, avec son sourire habituel.
- Mon retour, ne va pas être bon, si je ne me presse pas de retourner en cours. Désolé, mais il faut que j’y aille. Répondit Yumi, en se précipitant immédiatement vers le monte-charge.
- Faut, qu’on y aille nous aussi. Cela sera suspect, si on manque tous à l’appel. Lui dit Ulrich, apparemment plus calme en prenant place entre elle et Aelita dans l’ascenseur.
Yumi était nerveuse. Elle avait déjà suffisamment d’ennuis avec des retards en cours, depuis que le retour dans le passé n’était plus employé systématiquement. Mais par-dessus tout, elle ne voulait pas en parler à ses amis. Ulrich de son coté observait la japonaise, du coin de l’œil. Il était sûr, qu’elle avait plus de tracas avec ses études qu’eux, mais il la connaissait depuis suffisamment longtemps, pour se douter qu’elle ne voudrait pas le laisser paraître. Il dû arrêter de la regarder, quand celle-ci tournant la tête lui jeta un coup d’œil froid, qui contrastait avec le regard brillant, qu’elle lui avait adressé sur lyoko. Aelita ne prêta aucune attention, à ses deux camarades. Elle était bien plus préoccupé, par l’analyse de cette nouvelle attaque. Elle n’aimait pas, qu’en on ne faisait pas de retour dans le passé, alors, qu’on avait aucune idée, de ce que Xana avait fait ou essayé de faire. Mais dans un autre sen, elle savait que faire un retour dans le passé, renforcerait Xana. En pleine réflexion, elle en oubliait ce qui l’entourer. En tout cas, les trois trouvèrent pour ces différentes raisons, que cette montée était interminable.
Ils remontèrent à la surface, sans s’arrêter au premier sous-sol, là où se trouvait le laboratoire. Une fois arrivait en haut dans l’immense salle déserte de l’usine désaffectée, Aelita dit avec une expression plus sérieuse sur le visage :
- Je vais rejoindre Jérémie et Odd, dans le laboratoire. On va faire le bilan. On se retrouvera tout à l’heure.
- Ok. Dit Ulrich, qui pensa sur le coup que Aelita voulait peut-être le laissait seul, avec Yumi.
Il se retourna pour voir que Yumi était déjà partit au pas de course.
- Yumi, attends moi. S’exclama t’il, en lui courant après, mais celle-ci ne ralentit pas et ne se retourna même pas.
Aelita les observa, avec un faible sourire, en appuyant sur le bouton du monte-charge, qui allait la ramener au laboratoire auprès de Jérémie et Odd.

- Et donc, le feu a pris dans cet appareil. Demanda le proviseur, en examinant les restes calciné dudit appareil.
- Oui, monsieur le proviseur, comme je vous l’ai dit. Lui répondit madame Hertz.
Le proviseur regarda attentivement, les personnes présentes autour de lui. Madame Hertz, William et Hiroki se tenaient aligner, devant lui. Derrière eux Jim était debout, bras croisés, avec un faux air de policier surveillant ses suspects, pendant un interrogatoire. Le proviseur sembla réfléchir. Puis il reprit la parole.
- Si je résume bien, madame Hertz. Vous dites avoir parlé à votre élève, et l’avoir laissé quelques instants avant l’explosion,
- Exactement et je me suis retourné, en l’attendant crié.
Personne ne dit quoi que ce soit, mais Hiroki sentit plusieurs regards se posaient sur lui. Il ne se sentait pas à l’aise, aussi bien parce qu’il redoutait qui allait suivre, que parce qu’un mal de tête, le gênait depuis l’explosion. Tout cela réunit, l’agaçait et lui faisait peur à la fois. Il fut sur le point de dire quelque chose. Mais le proviseur lui fit signe de se taire, avant de reprendre.
- Vous dites, qu’il y avait une fumée noire qui sortait de la salle et l’entourait. Juste après, il y eut cette explosion et la fumée se dissipa.
Madame Hertz, qui sentait que le proviseur avait du mal à croire son récit, sembla légèrement irrité.
- C’est comme je vous l’ai expliqué. Je ne suis pas folle !
Le proviseur eut un signe apaisant de la main, alors que les autres semblaient attendre impatients, la fin de cette conversation.
- Je ne mets pas votre parole en doute Suzanne, mais vous étiez assez loin, et votre vue n’est plus aussi bonne qu’autrefois.
Madame Hertz fut sur le point de s’emportait, mais se retint, d’autant que le proviseur continua.
- De plus, vous êtes professeur de physique et vous êtes bien la dernière personne ici présente, qui croirait à un tel phénomène.
Le professeur en question sembla un instant calmé, par ses paroles. Ce qui permit à monsieur Delmas de conclure.
- Et tout le monde et d’accord, sur la suite, vous constatez qu’un appareil à prit feu. L’alarme se déclenche. Vous envoyez votre élève chercher un extincteur. C’est un autre élève, qui revint avec l’extincteur et qui éteignit le feu, de manière... assez maladroite.
Il avait regardé les personnes concernées les unes après les autres, pendant son petit discours. Et il avait hésité sur sa dernière phrase, sachant que le sujet pouvait être brûlant.
- Très bien, je voudrais surtout savoir comment le feu a pu prendre.
Personne ne dit quoi que ce soit, mais Hiroki se sentait visé, d’une manière ou d’une autre, par cette dernière phrase. Il hésita à parler, craignant d’aggraver son cas. Ce fut Jim qui rompit le silence.
- Vous avez dit, madame Hertz, que vous avez vue de la fumée autour du petit. Dit-il en montrant Hiroki du doigt. Et qu’ensuite, il y a eu l’explosion. Vous, vous êtes précipité et vous avez vue l’appareil en feu.
- C’est exact. Répondit-elle, d’un ton patient.
Tout le monde sentait, qu’elle était lasse de se répéter. Mais Jim poursuivit.
- Donc, le petit a été tout seul à coté de l’appareil pendant un temps, sans que vous ne le voyez.
Madame Hertz s’apprêta à répondre, mais cette fois Hiroki s’énervant fut plus rapide.
- Attendez ! Vous êtes en train de dire, que j’ai mis le feu à ce truc ! C’est n’importe quoi ! Comment, j’aurais fait d’abord ?!
- Nous allons voir cela dans mon bureau. Répondit le proviseur d’un ton calme et neutre. Dunbar puisque vous n’avez plus rien à nous apprendre, retourner auprès de votre classe. Suzanne, vous voulez bien essayer de savoir, comment cet appareil a pu prendre feu. S’il vous plaît ? Jim quant à vous, regardait voir, si vous ne trouvez pas un indice quelconque. On ne sait jamais.
- Tout de suite, ne vous en faites pas, j’ai été détective autrefois. Répondit aussitôt Jim.
- Bien. Se contentèrent de répondre madame Hertz et William.
- Suivez moi. Dit le proviseur à Hiroki.
Celui-ci suivit sans rien dire. Cela s’était passé, comme il l’avait pressentit. Tout le monde était persuadé, que c’était lui qui avait mit le feu. Mais il se rattachait à l’espoir, que madame Hertz trouverait la clé de l’énigme et qu’il serait disculpé. Il préféra donc marcher docilement.
Il risquait déjà des ennuis. Ce n’était pas vraiment la peine de risquer de s’enfoncer. Et en plus son mal de tête semblait avoir monté d’un cran, l’empêchant d’essayer de réfléchir à ce qu’il allait pouvoir dire pour se défendre, contre les accusations. Il se contenta donc de marmonner son ressentiment, contre le professeur de sport.
- Détective. Je comprends, qu’il ait arrêté, pour devenir prof. Ca devait pas être brillant. Dit-il entre ses dents.
Le pire, pour le jeune japonais fut de sortir du bâtiment, en suivant le proviseur sous le regard des élèves qui l’avaient évacué. Il entendit William qui avait l’air de se vanter un peu au passage, raconter ce qui c’était passé aux autres. Et il était sûr que cela, n’allait pas contribuer, à dissiper les soupçons qui pesaient sur lui. Il croyait avoir atteint la dernière limite. Et bien, non, elle fut franchi, l’instant d’après. Un flash de lumière éblouit Hiroki et le proviseur. Ils tournèrent la tête et virent à coté, des élèves écoutant William, deux jeunes filles. L’une d’elle, rousse tenait un carnet à la main et notait ce que raconté William. L’autre une noire, avait un appareil à photo entre ses mains et venait photographier, d’Hiroki suivant le proviseur.
- Mesdemoiselles Solovieff et Diop. Dit ce dernier. Qu’est ce que vous faites là ?
- On fait notre travail, monsieur. Répondit la rousse avec un aplomb impeccable. On vous a vu passé en courant, avec monsieur Moralès. On a tout de suite pensé, à un scoop pour le journal de l’école.
Un journal ! C’était encore pire que ce qu’Hiroki aurait pu imaginé. Il se voyait déjà, montrer du doigt par l’ensemble des élèves de l’école. Ce ne furent pas les dernières paroles du proviseur, qui le rassurèrent.
- Il n’y a rien à raconter, retournez en étude et oubliait cette histoire. Dit le proviseur sur un ton catégorique. Et vous suivez moi. Acheva t’il en se tournant vers Hiroki.
Ses paroles ne semblaient qu’avoir stimulé la jeune fille rousse, qui s’appelait d’après ce que le japonais avait entendu sur le journal de l’école, Milly. En entendant les derniers mots du proviseur, les deux filles se penchèrent l’une vers l’autre et se mirent à chuchoter, l’air surexcité. Le japonais sentait bien, qu’elles avaient déjà sautées aux conclusions, comme un certain professeur de sport. Il s’éloigna en s’efforçant de garder la tête haute. Alors, qu’il pénétrait dans le bâtiment administratif, il aperçu Yumi, qui passait en courant. Mais celle-ci ne le vit pas. Il espéra un instant, qu’elle au moins ne serait pas au courant. Mais cette pensée s’effaça aussitôt : elle fonçait vers le bâtiment des sciences, là où elle aurait dû avoir cours.
Hiroki désespéré, commençait à se sentir dans un état second. Le mal de tête qui semblait couver depuis tout à l’heure, commença à se manifester sérieusement derrière son front. Mais pour l’instant, plusieurs questions, se répétaient inlassablement dans sa tête.
« Qu’est que je vais faire ? Comment je vais prouver mon innocence ? »
Ces deux questions se suivaient récurrentes, dans son esprit qui en proie au trouble était incapable de lui donner une réponse. Mais au-delà, une interrogation revenait, comme une obsession.
« Qu’est qui s’est passé, en fait ? »

Yumi courrait depuis, qu’elle avait quitté l’usine. Elle courrait sans se soucier, de ce qui l’entourait. Ce n’était pas l’odeur putride des égouts, ni l’échelle à grimpée, ni même les regards des quelques élèves qu’elle croisa dans la cour, qui l’auraient fait ralentir. Mais derrière elle, la présence d’Ulrich son meilleur ami, lui faisait à moitié plaisir. A moitié seulement, car d’un coté sa seule présence lui faisait plaisir certes. Mais dans un autre sens, elle était seule avec lui, mais n’avait pas de temps à lui consacrer. Son esprit pratique, lui faisait prendre conscience des priorités en un instant. Elle aurait été contente de passer, ne serait-ce qu’une minute en tête à tête avec Ulrich, sans personne pour les déranger. Mais en face de cela, elle avait multiplié ses dernières semaines, les retards en cours à cause des combats sur lyoko. Elle savait qu’elle n’avait pas intérêt à perdre davantage de temps, avant de se rendre à son dernier cours de la journée. De toute manière, elle aurait bien une autre occasion de parler à Ulrich.

Celui-ci l’avait suivit, dans les égouts et dans le parc. Mais il n’avait franchit l’orée du bois à sa suite. Les voir courir tous les deux aurait amené, les quelques élèves qui déambulaient dans la cour, à se poser des questions. Il s’arrêta un instant et s’adossa à un arbre. Il aurait voulu parler à Yumi. Mais pour lui dire quoi ? Comme d’habitude, il aurait hésité, avant de détourner la conversation, de ce qui aurait dû être son vrai sujet. Il ne se sentait pas encore prêt à parler vraiment à Yumi. De toute manière, ce n’était sûrement pas le moment idéale, pour la conversation. Il fut finalement soulagé, par la pensée que ce n’était pas le moment pour lui parler. Cela lui avait donné un bon prétexte, qui justifié le fait que de toute manière, il n’aurait pas vraiment osé, lui parler. Il se redressa et poussa un profond soupir. Il regarda vers les dortoirs et s’avança tranquillement dans leur direction, les mains dans les poches. Il arborait un air détendu. Personne parmi les quelques élèves qui le virent, ne se serait douter qu’il revenait d’un difficile combat. Sans prêter attention aux autres, sans même vraiment les voir, il pénétra dans les dortoirs.

Pendant que Ulrich était encore dans ses pensées, Yumi voyait enfin le but de sa course : le bâtiment des sciences. Un détail attira immédiatement son attention. Il y avait un attroupement d’élèves, devant le bâtiment. Ils se mirent en marche et commencèrent à pénétrer à l’intérieur. Elle reconnu la classe qui fermait la marche. C’était la sienne. Elle continua à courir dans leur direction, intriguée. Au moment de franchir l’entrée du bâtiment, son professeur de physique - chimie se retourna et la vit arriver.
- Yumi ! Vous voilà enfin ! Où étiez vous passé ? Beugla t’il.
- J’étais à la bibliothèque. Je n’ai pas regardé le temps passé. Je suis désolé.
Yumi s’efforça de reprendre son souffle. Cette course n’avait pas été des plus faciles. Elle pensait qu’elle avait dû au moins égaler son meilleur score à la course à pied. Et en plus, elle avait dû courir encombrer de son sac. Ses amis eux avaient la chance, d’être interne et de ne plus avoir cours de la journée, ce qui les dispensés de foncer, avec un poids sur le dos. Elle regarda son professeur dans les yeux et celui-ci, lui dit l’air de très mauvaise humeur.
- Tu es en retard. Et on nous clairement dit, qu’au prochain retard de ta part, de t’envoyais directement chez le proviseur.
- Je ne suis pas en retard. Dit Yumi sur la défensive. On n’est même pas encore rentré.
Elle avait répondu précipitamment et détestait particulièrement ses moments où elle parlait sans réfléchir. De plus, en regardant ses camarades qui l’observaient ou qui parlaient à voie basse, elle constata qu’aucun d’eux n’avait son sac.
- Nous avons dû sortir, il y a quelques minutes. Mais, tu n’aura qu’à demandé, des précisions au proviseur, quand tu le verras. Répondit son professeur d’un ton brusque. William tu l’accompagnes. Les autres, en classe.
Yumi résigné, fit demi-tour et accompagné de William, se dirigea vers le bâtiment administratif.

A l’intérieur de celui-ci, dans le bureau du proviseur, une confrontation avait lieu. Hiroki, le frère de Yumi n’était pas à la fête. Le proviseur s’était assis dans son fauteuil et le dévisageait, avec un regard pénétrant. Hiroki pensait que le fait, de marcher sous le regard accusateur des élèves et des enseignants était ce qu’il y avait de pire. Mais cette confrontation dans ce bureau plongeait dans le silence, lui sembla sur le coup atteindre un niveau égal, pour ce qui était du stress et de l’humiliation. Car enfin, il était innocent. Mais comment en convaincre, qui que ce soit. Que fallait-il donc faire ? Par-dessus tout, son mal de tête le démangeait. Cela ne faisait que l’énerver. Il était debout devant le bureau et se retenait de foncer sur celui-ci et de crier au proviseur, qu’il n’était qu’un incapable et que lui était innocent. Le proviseur finit par parler, avec le ton calme, qui le caractérisait.
- Bien, vous avez entendu, ce qu’a déclarée madame Hertz, n’est ce pas, monsieur... euh... quel est votre nom au juste ?
- Ishiyama. Répondit Hiroki, avec le ton le plus froid possible en le regardant droit dans les yeux.
Le proviseur sembla irriter par l’air, qu’avait prit le garçon, mais se contenta de répondre avec un air sévère.
- Vous êtes le frère de Yumi Ishiyama ?
- Oui. Répondit Hiroki.
S’il y avait une chose, qu’il détestait c’était qu’on critique sa sœur. Il espérait bien, que le proviseur n’allait pas s’y risquer, sinon, il se sentait prêt à essayer de l’étrangler. Il serra même son poing droit, en essayant de se retenir.
- Bon, confirmez vous, ce qu’a déclaré votre professeur ?
Le principal ramenait la conversation, sur le bon sujet. Hiroki lui répondit en s’efforçant de rester impassible.
- Je confirme, tout ce qu’elle a dit.
A l’intérieur du collégien, le stress venait de revenir. Sur le coup, cela lui faisait presque oublié son mal à la tête. Il avait l’impression que le sang, lui coulait dans les veines. Il attendit, le cœur battant la réponse du proviseur. Celle-ci ne tarda pas.
- Même cette fumée étrange, qui s’est retirée juste au moment, où l’explosion a eut lieu ?
- Oui, cela s’est passé, comme elle l’a dit.
Alors qu’allait-il conclure ? Hiroki sentait son stress, monter à son comble. Le proviseur ouvrit la bouche et dit.
- Madame Hertz ne vous a pas accusé, d’avoir mis le feu. Mais j’aimerais entendre, votre version des faits, avant de conclure.
Hiroki se sentit un instant soulager. Il allait enfin pouvoir parler, s’expliquer.
- Après que madame Hertz soir reparti, je me dirigeais vers l’escalier et j’ai entendu un grésillement, comme quand un appareil qui fait des étincelles. J’ai tourné la tête et j’ai vu la fumée. J’ai poussé un cri de surprise, puis il y a eut l’explosion. Après madame hertz est arrivée. Elle m’a envoyé, chercher un extincteur. J’ai vu William arriver. Il m’a pris l’extincteur des mains et est allé éteindre le feu. Puis après, madame Hertz a envoyé William rassurer les autres, puis je suis descendu avec elle. Après, vous êtes arrivé.
Le proviseur l’avait écouté sans l’interrompre ni même trahir la moindre émotion. Il conclu, de sa voie habituelle.
- Rien ne permet vraiment de vous accuser. Cependant, il reste possible que vous ayez mis le feu à cet appareil. Car je vois mal, comment il aurait pu se mettre à fumer ou à grésiller, avant même d’avoir prit feu. Vous restez donc suspect, jusqu’à ce qu’on est résolu, ce mystère. D’autant plus que je vous rappelle, que le fait que vous étiez précisément à proximité de l’appareil en question, fait de vous notre premier suspect.
Pour un peu Hiroki se serait cru dans un mauvais film policier. Il ne s’attarda pas sur cette pensée et répondit du tac au tac, alors qu’il sentait son mal de tête revenir à la charge.
- Madame Hertz a confirmé comme moi, qu’il y a eu de la fumée avant l’explosion. Vous n’allez pas la contredire, elle.
Il avait insisté sur ce dernier mot, pensant bien avoir là, un argument inattaquable. Le proviseur se leva de son siège, ce qui fit sursauter Hiroki et il dit d’une voie assez dure.
- Non, je ne remettrais pas en cause, la parole d’un de mes enseignants. Mais vous restez suspect, jusqu’à nouvel ordre. Quand nous aurons le fin mot de l’histoire, vous serez averti et si jamais vous y êtes pour quoi que ce soit, ce sera le renvoi.
Hiroki ne broncha pas. Il s’efforça de garder la tête haute et demanda.
- Et pour l’instant ?
- Pour l’instant, vous êtes encore élève ici. Alors allez à vos cours comme d’habitude et attendez que l’on vous convoque à nouveau à propos de cette affaire. Ce sera tout. Vous pouvez disposer.
Hiroki salua le proviseur et quitta le bureau. Il n’accorda pas un regard, à la secrétaire du proviseur et une fois seul dans le couloir, poussa un soupir de soulagement. Il ne fut pas seul longtemps. Il reconnut une voie. Quelqu’un s’approchait. Mais il ne voyait pas qui, à cause de l’angle du mur. Il reconnut tout de suite la voie. C’était celle de William Dunbar. Il parlait fort, ce qui avait permis à Hiroki de l’entendre venir. Mais pire encore, il l’entendait expliquer quelque chose à ... Yumi ! Non, Hiroki ne voulait surtout pas que sa sœur, le voit ici. Il ne réfléchit pas plus longtemps et partit en courant en prenant le couloir dans l’autre sens, de manière à ne pas croiser sa sœur avec cet imbécile. Il fonça et ne s’arrêta qu’en dehors du bâtiment. Il réfléchit un bref instant. Il savait heureusement que William ne le connaissait pas, ni lui, ni même les camarades de Yumi. Il n’avait donc pas pu dire à Yumi, qu’il était suspect de quoi que ce soit. Il n’allait sûrement pas lui donner la description exacte du suspect numéro un. Il choisirait plutôt de ce mettre en avant, cet espèce de frimeur. Soulagé sur ce point, le frère de Yumi partit en direction du portail de l’école. Alors que ses idées noires revenaient sur tous les autres points de sa situation, en même temps que son mal de tête. Mais surtout le souvenir obsédant de cette fumée, revenait comme si celle-ci voulait rester coller à lui, comme lorsqu’elle lui était apparue.

- Jérémie, tu crois vraiment qu’il faut éviter autant les retours dans le passé.
La question d’Aelita avait de quoi surprendre les deux garçons encore présents dans le laboratoire de l’usine. Elle était redescendue de la surface et elle posait cette question directement, simplement. Jérémie et Odd se regardèrent surpris, puis Jérémie répondit.
- Bien sûr, on ne va quand même pas renforcer Xana, en faisant un retour dans le passé à chaque fois. Il faut l’éviter quand cela est nécessaire. On était tous d’accord là-dessus.
Il regarda Odd, comme à la recherche d’un soutien. Celui-ci fit un signe de tête, qui voulait dire d’accord. Aelita reprit la parole, d’un ton légèrement inquiet.
- Mais on ne sait pas ce qu’il peut faire. Là, on ne savait même pas quelle attaque, il a lancé. Imaginez, qu’il y ait quelqu’un de blessé à l’heure qu’il est.
Sa voie douce et angoissée, donnait une atmosphère triste dans le laboratoire sombre, où ils étaient réunis. Jérémie reprit la parole, pour essayer de calmer sa meilleure amie.
- Aelita, je te rappelle que nous sommes les cibles de Xana, toi en première. Xana cherchera donc d’abord à nous attaquer. Les autres ne peuvent être touchés, que s’ils sont à proximités de nous. Ce ne serait que des dommages collatéraux, mais pas d’attaque direct. Donc, tu n’as pas de soucis à te faire. Si quelqu’un est blessé par Xana, on le saura car l’un de nous sera forcément à proximité.
Jérémie avait parlé d’une seule traite et regarda Aelita, pour juger de l’effet de sa tirade. Elle finit par sourire. Son sourire qui plaisait tant à Jérémie était revenu.
- Tu as raison, c’est nous qui sommes les premiers visés. Les autres ne pourront être touchés que si nous restons à coté d’eux.
Jérémie fut surpris par la fin de la phrase, mais ce fut Odd qui parla cette fois.
- Cela ne veut pas dire, qu’il faut fuir les autres. Sauf Sissi, peut-être. Il faut juste, te mettre à courir dés que tu sens que Xana, va t’attaquer. Si on te pose des questions, t’auras qu’à dire que tu t’entraînes pour les Jeux Olympiques.
Jérémie et Aelita sourirent à cette dernière remarque. Odd sourit aussi content, d’avoir une fois de plus fait retomber l’angoisse. Cette dernière était sa principale ennemie avec Xana. Jérémie conclu.
- Bien, je crois que l’affaire est réglée. Il faudrait retourner au bahut maintenant. Si Jim s’aperçoit qu’on n’est nulle part, il va se poser des questions.
- Ah bon, parce que ça lui arrive de se poser des questions ? Demanda Odd. J’ai toujours eu l’impression, qu’il savait rien faire de sa tête.
- Arrête Odd, il nous a bien aidé dans le passé. Ne l’oublie pas. Puis franchement, vu tes résultats scolaires, ce n’est pas toi, qui peux faire ce genre de réflexion. Dit Jérémie d’un ton railleur.
- Et voilà, tu viens de faire retomber l’ambiance. Tu ne te rends pas compte, du mal que je me donne, pour la maintenir au plus haut. Dit Odd, l’air faussement outrée.
- C’est bon, je plaisantais. Je sais bien que tu es indispensable à l’équipe. Comme tout le monde d’ailleurs. Répondit Jérémie en se levant de son siège.
- Bon, c’est finis, vous deux ? On devait y aller, je vous rappelle. Dit Aelita qui était déjà dans le monte-charge.
- On arrive. Répondirent en chœur, les deux garçons en se dirigeant vers la fille aux cheveux roses.

Ulrich montait tranquillement les mains dans les poches, les escaliers menant aux dortoirs. Il allait dans sa chambre. Rien de tel, qu’un peu de repos et de solitude, à son sens pour se remettre les idées en place. Une fois arrivait en haut de l’escalier, deux voies attirèrent son attention.
- C’est un scoop. Imagines un peu, l’effet que sa va faire à la une du journal de l’école. Dit une première voie, que Ulrich identifia comme étant celle de Milly, l’une des deux journalistes des échos de Kadic.
Ulrich s’arrêta et tendit l’oreille. Sur le coup, l’attaque de Xana lui vint à l’esprit. Peut-être avait-il fait quelque chose de spectaculaire ? La voie de Tamiya se fit entendre à son tour, bien moins excitée que celle de sa collègue des échos de Kadic.
- Tu sais, on devrait éviter de publier n’importe quoi, car...
- Parce qu’on publie, n’importe quoi !?
Milly avait haussé le ton et s’était visiblement arrêté. Ulrich toujours debout en haut de la cage d’escalier, ne les avait pas dans son champ de vision, mais du même coup, il n’était pas dans le leur et pouvait les espionner, à son aise. Il entendit Tamiya répondre, pour calmer son amie.
- Ce que je veux dire, c’est qu’on ne sait pas si c’est ce garçon, qui a mis le feu. Je n’ai pas envie, qu’on provoque une erreur judiciaire.
Ulrich entendit catastrophé, le mot feu. Il y avait eu le feu ? Cela ressemblait bien à Xana, ça. Il écouta la réponse de Milly.
- Tout de suite, les grands mots. Ce n’est pas nous, qui allons juger s’il est coupable, mais le proviseur. On ne va pas l’accuser. On va faire notre travail, qui est de rapporter les faits. Informer le public, c’est notre mission.
Tamiya regarda Milly. Elle avait dit cela, avec son petit air sérieux et supérieur. Mais c’était par ces phrases, qu’elle la convainquait toujours de continuer et d’allait de l’avant. Cette fois, ne faisait pas exception. Elle sentit l’enthousiasme la reconquérir et dit finalement.
- Bon allons-y, il faut que tout soit prêt pour demain. Par contre, tu as quelque chose de plus percutant qu’incendie d’un appareil électrique dans le bâtiment des sciences ? Parce qu’à mon avis, c’est un peu moyen.
Elle avait conclu avec un ton amusé. Milly qui semblait pleine d’entrain répondit
- T’inquiètes pas. J’ai un titre, qui va faire un malheur.
Ulrich les entendait s’éloigner. Il n’y avait personne dans les couloirs et il n’avait pas envie de les espionner d’avantage. Il fut poussé par la curiosité et eut envie d’aller, simplement dans le couloir en faisant semblant d’arriver et de leur demander les dernières nouvelles. Il pourrait tout de suite savoir de quoi, il s’agissait. Ces deux jeunes filles étaient souvent mieux informées, que n’importe qui dans cette école. Il fit un pas en avant, quand une voie stridente, le fit sursauter.
- Ulrich chéri, tu es là !
C’était Elizabeth Delmas, aussi appelée Sissi. Elle était la fille du proviseur et aussi aux yeux d’Ulrich la peste la plus insupportable de l’établissement. Et pire que tout, elle lui courrait après, depuis qu’il était dans ce collège. Il l’a vit, qui était en train de monté l’escalier et elle l’avait logiquement aperçu, arrêté en haut. Il choisit de l’ignorer et d’avancer dans le couloir. Milly et Tamiya qui avaient entendu, la voie de Sissi troublait le silence, s’étaient arrêtées et regardèrent Ulrich qui marchait vite, d’un air maussade.
- Salut, vous deux ! Dit-il en s’arrêtant au niveau des deux filles, en essayant de retrouver un air un peu plus amical. Alors quoi de neuf ?
- On va parler de l’incendie, qui a eu lieu dans le bâtiment des sciences. T’es au courant, non ?
Dit Milly, heureuse qu’Ulrich leur adresse la parole. Celui-ci savait qu’elles l’appréciaient toutes les deux et elles au moins, elles étaient supportables. Bien plus, qu’une fille habillé en rose qui venait d’arriver dans la couloir. Celle-ci s’avança vers Ulrich, en essayant de prendre, une voie mielleuse.
- Ulrich, tu tombes bien je te cherchais. Tu voudrais bien venir me voir ce soir, dans ma chambre. Il y a un exercice, que je n’ai pas compris.
Milly et Tamiya qui n’appréciaient pas Sissi, avaient soudain un air plus sombre. Ulrich avec mauvaise humeur répondit.
- T’as qu’à demander à Hervé, il sera ravi de t’aider. Pour l’instant, au cas au t’aurais pas vu, je suis en train de discuté, là.
Sissi fut visiblement blessé, d’être repoussé si brutalement d’une part et n’apprécia pas les petits sourires, qui venaient de naître sur les lèvres des deux journalistes en herbe d’autre part. Elle partit sans demander son reste, avec un regard mauvais en direction des deux filles.
- Alors, que disions nous. Demanda Ulrich qui avait retrouvé sa bonne humeur, en se tournant de nouveau, vers les jeunes journalistes.
- Il y a eu un appareil électrique, qui a pris feu dans le bâtiment des sciences. Reprit Milly contente qu’Ulrich s’intéresse à leur histoire. Les deux classes qui y étaient, ont évacués les lieux après l’alarme. Il y avait celle de Yumi d’ailleurs. On n’a pas vu Yumi, mais on a vu ce garçon qui est souvent avec elle. Tu sais celui habillé en rouge et noir.
Ulrich s’efforça de ne pas perdre son sourire. Il avait compris de qui il s’agissait et il n’aimait pas vraiment, ce garçon. Il fit un signe de tête pour leur dire, qu’il voyait qui c’était.
- C’est lui, qui a éteint le feu. Il racontait ce qui s’était passé. Il cherchait Yumi, qui était en retard et il a vu madame Hertz avec un sixième et il a appris comme ça pour le feu. Il s’est précipité et l’a éteint. On a vu, le sixième partir un peu plus tard en suivant le proviseur. Apparemment, c’est lui qui a mis le feu. Il va sûrement avoir de sacrés ennuis.
Milly avait parlé presque sans s’arrêter. Comme si elle avait peur, qu’Ulrich ne s’intéresse plus à son histoire. Mais celui-ci l’avait écouté jusqu’au bout. Et ce qu’il avait entendu, ne le réjouissait pas. Car à ses yeux, ce William tournait trop autour de Yumi. Ca c’était quelque chose qui le mettait hors de ses gonds. Il posa quand même une question, plus en rapport avec le sujet.
- Qu’est ce qui a brûlé, au bout compte ?
- Juste l’appareil électrique, madame Hertz a toute de suite éloigné tout ce qui aurait pu prendre feu. Elle est courageuse, non ?
Milly avait achevé sa phrase, par une question. Au fond d’elle-même, elle espérait que cela alimenterait la conversation. Elle aurait voulu, qu’elle ne s’arrête jamais. Mais Ulrich conclu la discussion.
- Je vais vous laissez travailler, à votre article. J’ai hâte de lire votre prochain numéro. Salut.
Il avait parlé avec un sourire bienveillant et avait repris sa route, en direction de sa chambre. Il entra dans celle-ci. Il partageait cette chambre avec Odd et avec Kiwi le chien de ce dernier qui vivait là en toute illégalité. Le chien visiblement qui venait de se réveiller, à son entrée se dirigea vers lui avant de faire précipitamment demi tour. Ulrich qui n’était plus en présence du moindre être humain se laissa aller à sa mauvaise humeur en donnant un grand coup de pied dans le vide, comme s’il avait visé une cible invisible. Il murmura d’un air rageur:
- William, toujours lui.

Yumi s’éloignait du bâtiment des sciences en compagnie de William. Ils marchaient tout les deux, dans la cour. Quelques élèves les observaient. Mais elle n’y attacha pas d’importance. N’y tenant plus, elle lui posa une question qui lui démangeait les lèvres depuis tout à l’heure.
- Que s’est-il passé au juste ?
- Rien de trop grave. Un appareil électrique avait pris feu. Mais ça a déclenché, l’alarme incendie. Alors, tu penses c’était un peu la panique.
William avait répondu, avec son ton amical. Il espérait sûrement faire oublier à Yumi, qu’elle allait avoir des ennuis dans peu de temps. Mais celle-ci ne se voulait pas se contenter, de cette réponse.
- Un appareil électrique, qui a pris feu ? Comment c’est arrivé ?
- On ne sait pas trop. Le proviseur, a l’air de soupçonné un sixième d’avoir mis le feu. Je n’ai pas vu grand-chose. Comme t’étais pas devant la salle, j’ai voulu aller te chercher. C’est là, que l’alarme s’est déclenchée. J’ai vu le sixième en question, qui prenait un extincteur. Il m’a dit qu’il y avait le feu. Je lui ai pris son extincteur et j’ai été l’éteindre. Madame Hertz était déjà là, elle essayait d’éviter l’extension du feu. Je l’ai aspergé sans faire exprès.
Il s’arrêta là, avec un petit rire. Yumi sourit un instant, en imaginant la scène. Et elle demanda.
- Et après ?
- Après ? Une fois que le feu était éteint, madame Hertz m’a envoyé prévenir ceux qui étaient dehors que tout risque était écarté, pour les rassurer. J’y ais été. Madame hertz et le sixième sont descendus aussi. Mais un peu après, le proviseur est arrivé avec monsieur Moralès. Je suis remonté, avec eux. Le proviseur voulait entendre les témoins. On se serait cru, dans une enquête policière à deux sous.
Yumi arrêta de l’écouter un instant. Dés qu’il avait mentionné le proviseur, elle pensait aux ennuis qu’elle allait avoir. Ensuite, il venait de pénétrer dans le bâtiment administratif. Dehors, il y avait encore la lumière du jour et quelques bruits familiers. Ici, c’était des lampes électriques dans les couloirs et un silence, qui la mettait mal à l’aise. William la regarda, en s’arrêtant de parler. Il veillait visiblement à ne pas la mettre plus mal à l’aise qu’elle ne l’était déjà. Il reprit.
- Mais moi, je me demandais surtout où tu étais. Une fois passé le feu de l’action. C’est le cas de le dire, je me suis tout de suite, demandé où tu étais passé.
Il ne dit rien de plus. Yumi compris qu’il voulait savoir, où elle était réellement passée. Elle s’apprêtait à lui dire un mensonge mais ils entendirent rompant le silence, des bruits de pas précipités. Seulement quand ils arrivèrent au tournant du couloir, où ils étaient engagés, ils ne virent personne. En revanche, Yumi vit la porte du bureau de proviseur. Elle en profita pour dire.
- Je te laisse. Il va falloir, que j’y aille. Merci de m’avoir remonté le moral. Toi, au moins tu sais t’y prendre.
William sourit humblement en entendant cela et il n’insista pas. Il ne voulait sûrement pas gâcher la bonne impression du moment. Il fit un signe de tête, puis dit.
- Le cours va s’achever dans quelques minutes. Il n’aura pas vraiment eu lieu, je vais chercher, mes affaires et je reviens t’attendre ici. D’accord ?
- Ok. Lui répondit Yumi.
Elle le regarda s’éloigner, jusqu’au tournant du couloir et fit face à la porte. Elle frappa. Aussitôt une voie féminine répondit.
- Entrez !
Yumi poussa la porte et pénétra dans la première pièce. En fait, ce n’était pas encore le bureau du proviseur. Mais celui de sa secrétaire, par lequel il fallait passé, pour accéder à celui de son supérieur. La secrétaire assise à son bureau regarda Yumi et lui demanda.
- Vous désirez ?
- Je dois voir M. Delmas, parce que je suis arrivé en retard en cours.
Yumi gardait son ton habituel, mais intérieurement elle n’en menait pas large. Elle pensait déjà, à ce que diraient ses parents. La secrétaire se leva de son bureau et lui dit d’un ton sec.
- Attendez, ici.
Elle frappa à la porte du proviseur. La voie de celui-ci répondit.
- Entrez.
Elle entra et échangea, quelques mots avec l’occupant de la pièce. Yumi n’essaya pas de savoir, ce qu’elle disait. Elle était plus préoccupée par ses ennuis. Ses parents allaient la harceler de question. Elle risquait des problèmes avec l’école. Tout cela n’allait faire que la gêner, alors que ses amis avaient besoin d’elle sur lyoko, pour combattre Xana. Elle vit la secrétaire qui sortit du bureau et lui fit signe de rentrer.
- Il vous attend. Se contenta t’elle de dire, avant de retourner à son travail.
Yumi franchit le seuil de la porte, avant de refermer, celle-ci. Le proviseur la dévisagea d’un air imperturbable et lui désigna le siège, juste en face de son bureau. Yumi s’installa et attendit.
- Mademoiselle Ishiyama, vous êtes donc encore arrivé en retard à l’un de vos cours ?
- Oui, monsieur. Répondit-elle simplement. Elle choisit d’attendre, qu’il lui demande de se justifier. Cela ne tarda pas.
- Pourquoi, étiez vous en retard, cette fois-ci ? Dit-il en insistant bien sur la fin de sa phrase.
Face à lui, Yumi ressentait en moins fort, cependant le même stress qu’Hiroki. Elle était seule face à lui dans ce bureau mal éclairé. Elle s’attendait à ce que le proviseur s’emporte à chaque instant. Cela lui fit pensé à lyoko. Quand tout est calme avant que l’ennemi attaque par surprise. L’attente du combat était souvent désagréable, mais parfois excitante. Mais ici, c’était toujours désagréable. Elle garda son aplomb et répondit.
- Je travaillais, j’ai fait plusieurs devoirs. J’avais deux heures sans cours juste avant, alors je n’ai plus pensé au cours de physique.
Le proviseur la scruta à travers ses lunettes. Il semblait essayer de départager, le vrai et le faux. Après un moment d’attente, il reprit la parole.
- On aurait du mal, à vous reprochez un retard, parce que vous travaillez. Cependant, vous devez apprendre à discipliner vos horaires et à ne pas commettre d’inattention de ce genre. D’ailleurs, elles sont trop fréquentes, chez vous mademoiselle. J’ai du mal à croire, qu’il y a uniquement du travail derrière tout cela.
On arrivait au point que Yumi redoutait. Elle préférait cependant largement pouvoir aborder le sujet se défendre, plutôt que de laisser planer le doute. Elle répondit en essayant de garder, son air le plus naturel possible.
- C’est la vérité, je peux même vous montrez le travail que j’ai fait.
- Ce ne sera pas nécessaire. Je vous donne une dernière chance. Au prochain écart de conduite de votre part, il y aura des sanctions. Vous demanderez en sortant un mot à ma secrétaire. Maintenant, retournez en cours.
- Bien monsieur. Répondit Yumi en s’inclinant légèrement.
Le proviseur n’eut pas le temps de répondre, car son téléphone sonna. Il le décrocha immédiatement. Yumi s’éloigna, mais entendit le début de la conversation.
- C’est vous madame Hertz ?... Vous dites que l’élève est hors de cause ?... Une surchauffe, vous en êtes sûre ?...
Yumi franchit la porte et la referma soulagée. Elle n’en entendit pas plus. Elle s’avança vers le bureau de la secrétaire et lui dit :
- Vous pourriez me faire un mot, pour mon retard, s’il vous plaît ?
Celle-ci acquiessa d’un signe de tête et prit le carnet de Yumi. Elle remplit rapidement le mot, le tamponna, avant de lui rendre.
- Voilà. Dit-elle simplement, avant de replonger dans ses papiers.
Yumi n’en demanda pas d’avantage et sortit. Elle tomba immédiatement sur William, qu’elle ne s’attendait pas à retrouver ici. Alors lui dit-il avec un air inquiet, comment ça s’est passé ?
- C’est bon, je m’en tire sans problème. Dit-elle en souriant. Bon, je rentre chez moi.
- Attends, je te raccompagne. Dit William, qui ne semblait pas vouloir la laisser partir si vite.
- Alors, que les deux élèves s’éloignaient, monsieur Delmas était toujours au téléphone avec madame Hertz. Celle-ci lui répéta, encore une fois ses conclusions.
- Je vous le dis, visiblement cet appareil, a eu une surchauffe d’énergie. De toute manière, les appareils de cette salle et pas seulement de celle-ci d’ailleurs étaient vétustes. Ca fait longtemps qu’on vous le dit. Je crois me souvenir, qu’il y avait un cours ici ce matin et plusieurs appareils, qui ont servis aux expériences sont restés branchés. Il y a simplement eut une surchauffe et comme cet appareil était de toute manière bon à jeter, il a prit feu. A mon avis, il faudrait plutôt arrêter de travailler, avec un tel matériel, car il y aurait pu avoir un accident en plein cours et cela aurait été plus grave.
- Vous pensez donc, à la thèse de l’accident ? Demanda le proviseur.
- J’en suis sûr et puis j’ai réfléchi. Je ne crois pas que Hiroki Ishiyama aurait eu le temps de faire quoi que ce soit de dangereux avec ces appareils. De plus, je n’ai rien trouvé et Jim non plus. N’est ce pas Jim ?
- Rien de suspect et je m’y connais. Répondit la voie bourrue de Jim.
- Très bien, je vous crois. Donc, nous allons prendre des mesures pour éviter, que les élèves utilisent tout appareils dangereux. Vous savez lesquels sont à retirer du service, n’est ce pas ?
- Oui et je m’en chargerait demain, mais donc Hiroki n’aura pas d’ennuis ? Demanda insistante madame Hertz.
- Non, c’est bon. Mais en revanche, je crois mesdemoiselles Solovieff et Diop, pensent qu’il est coupable. Elles l’ont prises en photo, quand il est sorti.
- Très bien, je vais aller leur expliquer moi-même ce qui s’est passé. Je n’ai pas envie, qu’elles fassent du tort à un de leurs camarades. Dit madame Hertz en soupirant.
- Comme vous voulez, j’admire le soin que vous mettez à défendre vos élèves. Dit le proviseur heureux d’avoir un personnel qui savait faire preuve d’autant de conscience.
- C’est naturel, je déteste les injustices. Bon, je vous laisse à demain.
Elle raccrocha. Elle avait beau être sévère, elle agissait toujours, de la manière qu’elle jugeait la plus juste. Elle regarda, une dernière fois, les appareils électriques puis sortit de la pièce suivit de Jim. Elle pensa en marchant dans le couloir, qu’elle avait évité des ennuis à Hiroki et qu’elle aurait du travail demain, avec tous ses appareils électriques.

Pendant que madame Hertz était préoccupé par le fait, qu’elle avait évité à son élève des ennuis d’ordre purement administratif, celui-ci marchait dans la rue. Or il commençait déjà à pressentir que ses préoccupations d’il y a quelques heures, risquaient de devenir anecdotiques, par rapport aux problèmes qu’il allait avoir à affronter.




Odd arriva le premier, en dessous de la bouche d’égout. Il arrêta son skate, dans un dérapage contrôlé et regarda le sourire aux lèvres, ses deux amis, qui le suivait en trottinette.
- Alors, les tourtereaux, on se dépêche ? Dit-il avec son grand sourire.
Les deux concernés eurent l’air gêné, par la remarque. Aelita se contenta de regarder, Jérémie, qui répondit à Odd avec mauvaise humeur.
- Tais-toi et montes.
Odd monta toujours avec le même petit air espiègle. Il ouvrit la bouche d’égout et sortit la tête à l’air libre. Il n’y avait personne. Il se hissa, regarda autour de lui et fis signe aux deux autres de le rejoindre. Jérémie laissa galamment passer Aelita, en première. Il la suivit, mais en regardant vers le bas, car Aelita portait une jupe et Jérémie n’avait pas envie de jouer les pervers. Il avait d’ailleurs, fait monter Odd en tête, pour que celui-ci ne s’y amuse pas non plus.
- Dépêchons nous, de rejoindre Ulrich. Dit le génie du groupe, une fois arrivé en haut.
Les traces de rouges sur ses joues n’avaient pas échappé, ni à Aelita, ni à Odd. Celui-ci dit alors.
- Je dois aller nourrir Kiwi, je vous rejoins à la bibliothèque.
Sans ajouter un autre mot, il partit au pas de course, vers les dortoirs.
« Cette fois, profite de l’occasion pour lui parler sérieusement, Einstein. » Pensa le comique, croyant qu’ils en profiteraient, pour parler d’amour.
Il courut en jetant un regard derrière lui, avec la pensée que la situation était parfaite. Cela l’empêcha de voir un chêne centenaire, qui se dressait juste sur sa route. L’instant d’après, Odd affalait sur le dos, avec une grosse bosse sur le front, aurait juré voir plusieurs répliques de son chien Kiwi, qui lui tournaient autour de la tête.
- Kiwi. Marmonna t’il. T’as des enfants ? T’aurais pu, me le dire. C’est moi, qui dois les nourrir, je te rappelle.

Jérémie et Aelita avaient regardé Odd partir, avant de prendre le chemin de la bibliothèque, d’un pas plus tranquille. Maintenant qu’il était à l’air libre, Jérémie remarqua qu’Aelita avait un teint anormalement pale, mais sur le coup, il n’y prêta pas grande importance.
- Euh... Aelita ? Se décida t’il à demander.
- Oui. Lui répondit-elle, avec un sourire radieux.
- Tu voudrais que l’on aille... je veux dire, que l’on révise tout les deux, demain soir ?
- D’accord. Dit-elle, sans hésiter une seconde.
Jérémie était content de voir, qu’elle voulait bien passer un peu temps avec lui. Mais il n’avait pas osé lui proposer, qu’ils aillent faire une balade rien que tous les deux le week-end après les examens. Il espérait, que s’ils étaient seuls, loin du regard des autres élèves, en particulier de trois élèves, qui sont leurs amis, il pourrait enfin lui exprimer clairement ses sentiments. Et ceci dans un cadre un peu plus romantique, que l’école ou l’usine.
Aelita remarqua de son coté, que Jérémie avait toujours les joues rouges. Elle se demanda ce que cela signifiait réellement. De son coté, elle sentait une impression bizarre, à l’intérieur d’elle. Une sorte de chaleur, qui la mettait mal à l’aise. Elle n’avait jamais ressenti cela jusqu’à présent. Sauf peut-être, le jour où Xana avait implanté son virus en elle. La sensation se rapprochait de cela, mais était quand même différente. Néanmoins, Aelita commença à s’en inquiéter. Elle n’eut pas le temps d’y penser plus. Ils sortirent des bois et arrivèrent rapidement, en vue de la bibliothèque. Elle dit cependant, pour rengager la conversation.
- Il est presque 17 heures. Yumi doit être en train de sortir de cours.
- Oui. Répondit Jérémie d’un ton las. Elle a de la chance, elle va rentrer chez elle.
Jérémie pensait qu’il aimerait bien, pouvoir rentrer chez lui et surtout présenter Aelita, à ses parents et leurs demandaient s’ils ne pouvaient pas l’héberger pour quelques temps. Une vie tranquille, auprès d’Aelita. C’était l’un des rêves les plus simples de Jérémie et qui lui paraissait l’un des plus irréalisable. Il pensa cependant, que Yumi en rentrant chez elle, allait avoir affaire à ses parents, qui ses derniers temps se montraient suspicieux, à propos de ses retards répétés, aussi bien à l’école et à la maison. Et par-dessus tout, elle avait un petit frère à supporter. En pensant, qu’il aurait du mal à supporter tout cela, il se dit que l’internat, ce n’était pas si mal, finalement.

Hiroki, le petit frère de Yumi, marchait dans la rue, la tête basse. Il essayait vainement de remettre de l’ordre dans ses idées. Il essayait seulement, car son mal de tête devenait de plus en plus violent. Il n’arrivait plus à se concentrer très longtemps, sur quoi, que ce soit. Le chemin pour rentrer chez lui, semblait interminable. Alors qu’il n’avait qu’une envie. Celle de s’allonger sur son lit et de se reposer, en attendant que cela passe. Mais deux choses, lui revenait en tête, l’empêchant de rester tranquille. D’un coté, il ne comprenait toujours pas, quelle était cette étrange fumée, qui semblait l’avoir attaquer. Plus il y pensait, plus il était certain qu’elle n’était pas naturelle. Son mal à la tête étant apparu juste après, il commença même à se demander si elle n’avait pas quelque chose de nocif. Mais ces suppositions à la limite, lui faisait moins peur, que de se retrouver devant ses parents. Il imaginait qu’ils allaient être prévenu par le proviseur de l’incident au collège et qu’il risquait de se prendre un savon, en rentrant. A ses yeux, c’était vraiment trop injuste. Il était innocent et même victime et on venait l’accuser.
- C’est pas juste. Marmonna t’il. Pourquoi, il faut que ça tombe sur moi ?
Il arriva dans la rue, où se trouvait la maison de sa famille. Il s’arrêta devant le portail et releva la tête en direction, des fenêtres. Il soupira et se dirigea vers la porte d’entrée. Il était sûr que l’accueil de sa mère n’allait pas être chaleureux. Et quand son père rentrerait du travail, cela n’allait pas s’arranger. Il hésita, puis entra.
- C’est moi. Je suis rentré.
Personne ne répondit. Il avança de quelques pas, quand sa mère apparue devant lui, l’air mécontente.
- Il est 17 heures passées. Où étais tu ? Je m’inquiétais.
Hiroki était surpris, qu’elle n’ait pas parlé de l’incendie.
« Quoi, elle ne sait rien ? » Pensa t’il.
- Je... Je suis resté, plus longtemps, avec ma prof de physique. Je voulais qu’elle m’explique quelque chose. Parvient-il à bafouiller.
- Pendant tout ce temps ? Répondit sa mère peu convaincue.
- Après, je... j’ai croisé Johnny, on a reparlé de ça. On... on a contrôle de physique vendredi. Tu sais.
- Bon, très bien. Dit finalement sa mère, radoucie. Va goûter, tout est sur la table.
Hiroki ne se fit pas prier. Il alla s’installer à sa place dans la cuisine. Son mal de tête était resté omniprésent, mais avait un peu perdu de son intensité, quand il s’était retrouvé, face à sa mère. Maintenant, il redevenait aussi fort et pesant. Il commença à mangeait quelques gâteaux, en repensant à l’affaire.
« Apparemment, le proviseur n’a pas encore appelé. » Pensa t’il.
Cela lui redonna un peu d’espoir. Peut-être que tout allait s’arranger ? Il termina son goûter sur cette idée positive et laissant le paquet de gâteau, sur la table et monta dans sa chambre. Le point négatif était que le mal de tête ne voulait pas se calmer. Hiroki s’allongea sur son lit, espérant qu’avec un peu de repos, il se sentirait mieux.
« Mais qu’est ce qui s’est passé, cette après-midi, à la fin ? » Se redemanda t’il encore une fois.

Ulrich envoya un violent coup de pied, dans le vide. Il prit une posture défensive, avant de relancer une attaque contre un ennemi imaginaire, et manqua de peu de briser, la lampe de son bureau. Il préféra s’arrêter là, et s’assit sur son lit.
- Ce William. Marmonna t’il entre ses dents. Si je le tenais.
Kiwi, le chien de Odd, était prudemment resté abrité pendant que Ulrich se défoulait. Il avait appris à connaître, l’humeur des humains, vivants dans cette pièce et savait réagir, en conséquences. Maintenant que l’orage était passé, il pouvait sortir sans crainte.
- Qu’est ce qu’il lui trouve, à celui là. Continuait Ulrich.
Il entendit un petit aboiement et tourna la tête. Kiwi le regardait et aboya de nouveau.
- Qu’est ce que, tu me veux toi ! Rugit Ulrich.
Le chien recula de nouveau, puis décida d’aller vers le tiroir où Odd, rangeait sa nourriture. Ulrich comprit. Il se souvenait que le chien, n’avait pas eu à manger, depuis ce matin.
- D’accord, tu as faim.
Il se leva et lui remplit sa gamelle.
- Odd devrait s’occuper, un peu mieux de toi.
Ulrich se rassit sur son lit, regardant le chien dévorait sa nourriture. Le garçon s’était un peu calmé, en pensant à autre chose que William et Yumi. Finalement, il se leva et empoignant son sac, il sortit de sa chambre. Le chien le regarda partir, puis continua de manger, content qu’aucun des deux fous, qui logent ici, ne soient présent. Au moins, il pourrait dormir, dans le calme.
Ulrich marchait en direction des escaliers. Il décida de rejoindre la bibliothèque, où il aurait dû se trouver, à cette heure.
En descendant les escaliers, il eut la surprise de croiser madame Hertz, la professeur de physique.
- Bonjour, madame. Dit-il, simplement, en la croisant.
- Bonjour, Ulrich. Lui répondit-elle.
Ulrich la regarda, monter les escaliers. Il se demandait, ce qu’elle venait faire, dans l’internat, où elle ne mettait jamais les pieds. Il repensa, à cet incendie dans le bâtiment des sciences. Et il se souvint du même coup, de William et de Yumi. Cela suffit à le replonger, dans ses idées noires. Il reprit sa route, l’air maussade.

Madame Hertz, arpentait le couloir de l’internat, où aurait dû logiquement se trouver la chambre de Milly et Tamiya. Elle avait préféré venir elle-même, pour expliquer aux deux filles, que Hiroki n’était pour rien dans le petit incendie, du bâtiment des sciences. Jim, lui avait proposé de leur expliquer lui-même, mais elle doutait sérieusement, qu’il soit clairement capable de les convaincre. En plus, il aurait certainement oublié, de leur dire. Il avait l’air curieusement pressé, d’aller surveiller les élèves à la bibliothèque, quand ils sont sortis du bâtiment des sciences.
- Il avait dit, que c’était la neuvième porte à gauche, après l’escalier. Dit-elle a voie basse.
Elle préférait se méfier des explications, du professeur de sport. Elles n’étaient jamais vraiment bonnes. Mais, elle vit de dos, Elizabeth Delmas, aussi appelé Sissi, une de ses élèves. Elle décida de s’assurer, auprès d’elle, que c’était la bonne porte. Elle hésita un instant, l’entendant, parler toute seule.
- C’est toujours pareil, avec Ulrich. Il n’a jamais le temps. Mais il va voir. Disait-elle, visiblement furieuse.
- Sissi... Commença finalement la physicienne.
- Quoi ! Répondit celle-ci avec mauvaise humeur en se retournant.
Dés qu’elle vit madame Hertz, elle sembla déconfite. Elle venait de parler brutalement à une enseignante. Et cela pouvait lui attirer des ennuis, même à elle.
- Euh... Oui, madame ? Qui y a-t-il ? Dit-elle, en essayant de prendre son air de gentille petite fille, qu’elle avait habituellement avec son père.
- Elizabeth, pourrais tu me dire, où se trouve la chambre de Milly et Tamiya ? S’il te plait. Lui répondit, sa professeur, avec un ton froid et un regard sévère.
- Hein ? Heu... C’est celle-ci, madame. Répondit la jeune fille, qui avait l’air très stressé.
- Merci et la prochaine fois, essaye d’être plus aimable, quand tu parles à quelqu’un. Dit madame Hertz,
Elle était contente de voir, que Sissi semblait avoir comprit la leçon.
« Du moins, pour dix minutes. Cela va être oublier, dans peu temps » Pensa t’elle, en soupirant.
Etant sa professeur, elle avait comprise depuis longtemps, qu’il n’y avait pas vraiment moyen, de faire rentrer le moindre message, dans la tête de cette fille gâtée. C’était désespérant. Enfin, elle vit que Jim pour une fois, ne s’était pas trompé. Elle frappa, à la porte des deux jeunes journalistes.

Ulrich de son coté, descendait vite les escaliers. Il arriva en bas, en sautant par dessus la rampe, alors qu’il restait trois mètres de hauteur. Il se rattrapa bien et se redressa. Il vit alors, arriver Odd.
- T’es malade. Qu’est ce qui te prend, de descendre les escaliers comme ça ? Demanda celui-ci.
- T’occupes. On ferait mieux d’aller à la bibliothèque. Si Jim, voit qu’on est pas là, il va encore, avoir des soupçons.
- Attends, il faut que je donne à manger, à Kiwi.
- Je l’ai déjà, fait. Répondit Ulrich, en passant à coté de son camarade de chambre.
Ce dernier le suivit sans rien dire. Il savait que c’était inutile. Il pensa, qu’il y avait eu un problème avec Yumi. Mais, il ne préféra rien dire. Ulrich était généralement très sensible, quand il était question de la jeune japonaise.
Les deux garçons sortirent de l’internat et se dirigèrent, vers la bibliothèque, en silence.
- Jérémie et Aelita doivent déjà, être là. Dit Odd, alors, qu’ils pénétraient dans le bâtiment.
- Ouais. Se contenta de répondre Ulrich.
Ils entrèrent dans la salle de lecture et cherchèrent des yeux, leurs amis. Ils trouvèrent juste Jim, qui se mit devant eux.
- Où étiez-vous, tous les deux ? Vous devez restez ici, pendant vos heures d’études.
Nous étions, partit chercher des livres, qui nous manquer. Monsieur. Répondit Ulrich, en essayant de paraître naturel.
- Pendant, tout ce temps ? C’est curieux, Yumi Ischiyama était comme par hasard, absente de son cours, en même temps que vous.
Les deux garçons, parurent surpris. Ils sentaient que les soupçons de leur professeur, se faisaient de plus en plus pressant. Ils reprirent néanmoins, rapidement leur air habituel.
- Ah, bon ? Dit Odd.
Le professeur avait bien vu à leur réaction, qu’ils cachaient quelque chose, mais il sentait qu’il n’arriverait pas, à leur faire dire quoi que ce soit, pour l’instant. Donc, il dit simplement.
- Bien. Regagnez vos places.
- Oui, monsieur. Répondirent les deux élèves en chœur.
- Aller. Dit Odd, à Ulrich. Jérémie et Aelita doivent nous attendre.
- Ils sont assis par là. Dit Jim, avec un sourire triomphant, en leur indiquant la direction opposée de celle qu’ils prenaient.
Cette fois, c’était certain, ils étaient bien sortis, faire autre chose, que d’aller chercher des livres.
- Mais oui, sombre idiot. Dit Ulrich, à Odd, en l’entraînant dans la direction indiquée, espérant rattraper le coup. Merci monsieur.
Quand, ils furent suffisamment éloignés. Ulrich dit à son camarade, sur un ton de reproche.
- Voilà, qu’il se doute à nouveau de quelque chose. On n’est pas sorti, de l’auberge.
- Tu l’as dit. Répondit Odd, l’air las. Il ne va plus, nous lâcher. Alors, qu’on doit déjà, le supporter en sport.
Ils soupirèrent en même temps et allèrent s’asseoir, à coté de Jérémie et Aelita.





Tamiya alla ouvrir, à la personne qui avait frappé, pendant que Milly continuait d’écrire sur leur ordinateur, la une de leur prochain journal. Elle se retourna stupéfaite, quand elle entendit son amie dire, visiblement surprise.
- Bonjour, madame.
- Bonjour. Dit également Milly, qui se posait quelques questions.
- Bonjour. Répondit la professeur. Je dois, vous parlez deux minutes.
Les deux filles, étaient déconcertées. Elles ne s’attendaient vraiment pas, à ce que madame Hertz vienne les voir. Elle les regarda l’une après l’autre, et parla.
- C’est à propos de l’incident, dans le bâtiment des sciences.
Elle s’arrêta. Elle vit, l’expression des deux enfants, passait de la surprise à l’intérêt.
- Oui. Dit Milly, qui espérait déjà glaner de nouvelles informations. Qu’y a-t-il ?
- Le jeune garçon, qui suivait le proviseur, n’a pas mis le feu. Et je vous prierais donc, de ne pas mettre sa photo, dans votre journal.
- Qui est-ce alors ? Demanda Milly, qui se laissait emporter par la conversation.
- C’était un accident. Répondit madame Hertz, toujours impassible. L’appareil était vétuste et a été laissé brancher, par négligence. Les autres appareils seront mis sous clef, avant d’être jetés. Vous pouvez mettre ça, par contre. Mais vous n’avez pas à publié la photo de quelqu’un, s’il n’est pas d’accord. Je crois que le proviseur, vous l’avez clairement expliqué, quand vous avez eut l’autorisation de fonder, votre journal.
Elle avait terminé, sa phrase d’un ton strict, comme pour les rappelez à l’ordre. Elle les avait cependant autorisé à parler des appareils usagés, qui allaient partir à la casse, pour leur donner une sorte de compensation, à la perte de leur suspect, qui aurait dû faire la une de leur journal. Les deux filles, l’avez sentit. Milly reprit malgré tout, la voie pleine d’assurance.
- Vous pourriez nous dire, qu’elle est sa classe, s’il vous plait ? On voudrait quand même l’interviewer. Peut-être, qu’il nous donnera son accord.
- Non et je vous demande de le laisser tranquille. Il a sûrement d’autres choses, à faire.
Madame Hertz avait répondu, d’une manière qui ne souffrait aucune réplique. Elle commençait à être irrité de la curiosité des deux filles. Puis elle pensait que Hiroki devrait plutôt, se concentrait sur ses révisions, en cette période d’examen. Elle savait, qu’il allait avoir besoin de remonter sa moyenne. Comme les jeunes journalistes semblaient avoir comprit, elle décida de conclure.
- Très bien. Puisque c’est clair, je vous laisse. Au revoir.
- Au revoir, madame. Répondirent, les deux filles sur un ton morose.
Une fois, que la porte fut refermée. Elles se regardèrent.
- Bien, il faut changé, la une. Reprit Milly, de nouveau énergique. Puisque c’est, parait-il un accident.
Tamiya ne répondit rien. Elle s’assit sur son lit et regarda son amie.
- Qu’est ce qu’il y a, Tamiya ? Demanda Milly.
- Une fois de plus, on croyait tenir un scoop et une fois de plus, on s’est planté. Lui répondit son amie.
- Attends un peu, ce n’est pas encore fini. Dit la fille rousse, en souriant.
- Tu as autre chose ? Demanda immédiatement, sa collègue.
- Oui. Tout cela n’est que la version officielle. Je voudrais bien parler, un peu avec ce sixième. En plus, tu as vu ? Yumi était encore absente et je sais, que ce n’est pas la première fois de sa part. Tout comme, pour Ulrich, Odd, Jérémie et Aelita. Là, je crois, qu’il peut y avoir un scoop.
Milly avait prit son air supérieur et convaincu. Mais Tamiya ne semblait pas partagé, son avis.
- Attends. Eux, ils sont gentils avec nous. On ne va quand même pas, aller leur chercher des ennuis.
- On ne va pas leur chercher des ennuis. Répondit tout de suite Milly. Si cela peut être compromettant pour eux, on ne dira rien. Sinon, on pourra en parler. Tu ne crois pas.
Tamiya réfléchit un bref instant, et approuva finalement d’un signe de tête. Milly satisfaite, se remis devant l’ordinateur et dit finalement.
- Mais pour l’instant, il faut finir, le journal pour demain. On va en avoir pour la soirée. On enquêtera plus tard.
Tamiya, qui avait retrouvé son enthousiasme, se dirigea vers la porte et dit avant de sortir.
- Je vais aller demander à monsieur Moralès, si je peux utiliser la chambre noire, pour nos photos d’aujourd’hui.
- D’accord, à tout à l’heure. Répondit sa camarade.
Puis, quand la jeune noire fut sortie, la rousse ajouta à voie basse, avec un petit sourire aux lèvres.
- J’ai hâte d’avoir les photos de ce garçon. Il est plutôt mignon.

A la bibliothèque, l’ambiance n’était pas vraiment à la fête, mais plutôt aux études, du moins en apparence. Ulrich était plongé dans son cahier, cherchant à comprendre quelque chose à son cours. Mais il n’arrêtait pas de repenser, à Yumi et à William. Cela le distrayait dans ses révisions. Mais, comme ses amis ne cherchaient pas, à lui parler. Au moins, il avait la paix.
Odd de son coté, avait lui aussi un cahier d’ouvert, mais il avait posé une feuille de canson, par-dessus et dessinais son chien Kiwi. Il avait bien pensé, à dessiner Ulrich et Yumi, main dans la main, et le montré à son camarade de chambre. Mais quelque chose, lui disait que ce n’était peut-être pas le bon moment, pour cela.
Jérémie et Aelita eux, avaient déjà achevaient leurs révisions et parlaient à voie basse. Le sujet du jour, était encore une fois, l’antivirus d’Aelita. Le génie du groupe avait son ordinateur ouvert par-dessus ses cahiers, et montré à la fille aux cheveux roses, le résultat de ses dernières recherches. Visiblement, les informations collectaient sur le cinquième territoire, semblaient lui donnait matière à travailler. Mais elles ne lui donnaient pas vraiment, matière à avancer. Aelita décida donc, de trouver une autre conversation.
- Dis moi Jérémie, tu crois qu’il y aurait un moyen de savoir le genre d’attaque, qu’a lancé en Xana, à partir des tours ?
Jérémie réfléchit un instant et répondit avec calme.
- Je pense que oui. Maintenant, que tu en parles, justement, j’avais pensé à ajouter à mon ordinateur, un programme qui m’indiquerait, ce que fait la tour activée, par Xana. Cela nous éviterait de chercher sur terre, ce qu’il nous prépare.
- Tu ne l’as pas encore, mis au point ? Demanda vivement Aelita.
Jérémie eut l’air gêné d’un coté et aussi surpris de l’autre, qu’Aelita semble aussi presser, de voir se programme. Il la regarda dans les yeux, en rougissant, mais vit que le visage de son amie était toujours aussi pâle, qu’au moment où ils étaient sortis des égouts.
- Non pas encore, mais si tu veux, on... On pourrait y travailler, tous les deux.
- D’accord. Répondit-elle. Mais, après les examens. Je... Je voudrais quand même, éviter d’avoir une mauvaise note en français
Jérémie ne sembla pas très convaincu, par sa réponse. Il regarda Aelita. Quelque chose, n’allait pas, mais elle n’en disait rien. Il en était sûr. Pensant à quelque chose de grave, il se décida à parlait franchement.
- Aelita, quelque chose ne va pas ? Tu es pâle.
Aelita baissa la tête. Elle hésita, puis elle se rapprocha de lui et lui dit à voie basse.
- Jérémie, je me sens bizarre, depuis que je suis revenu de Lyoko. C’est un peu, comme le jour où Xana a implanté, son virus en moi.
Son interlocuteur pâlit encore plus qu’elle. Aelita vit le regard de son ami, se figeait derrière ses lunettes. Il répondit inquiet et même un peu paniquer.
- Quoi, tu aurais dû, me le dire tout de suite.
Il s’arrêta et regarda, vers Jim. Celui-ci avait vu, qu’il avait haussé le ton et regarda dans leur direction, avant de dire.
- Silence, dans le fond !
Odd et Ulrich avait relevé la tête, vers leurs amis et les interrogeaient d’un regard.
- Ce n’est rien. Leur dit, Aelita.
Ulrich replongea dans ses pensées. Odd regarda un à un tous ses collègues, puis finalement avec un haussement d’épaules, se remit à son dessin.
- Aelita, c’était peut-être contre toi, que Xana a lancé son attaque. Dit à Jérémie, le plus bas possible. Si tu te sens mal, c’est peut-être un programme, qui te forcerait à rester sur Lyoko. De cette manière, tu serais plus facilement à porter de la Méduse.
- Je ne me sens pas, si mal que ça, Jérémie. C’est un peu différent, du virus. Mais ça y ressemble.
Jérémie regarda Odd et Ulrich. Il se dit, qu’il ne valait peut-être pas leur en parler pour l’instant. Ils risquaient d’être suffisamment stressés, avec les examens. Quoiqu’ils ne semblaient pas s’en occupaient pour l’instant. Odd était concentré sur son dessin et Ulrich regardait son cahier, sans vraiment le voir, pensant plutôt à Yumi.
« Il faudrait, que j’arrive à lui parler. Que tout soit clair. » Pensa le garçon brun, complètement immerger dans ses pensées, oubliant complètement le monde extérieur.
Ce fut la voie bourrue de Jim, qui le ramena sur terre.
- Il est 18 heures. La bibliothèque ferme. Vous pouvez regagner, vos quartiers.
Il parlait comme s’il s’adressait, à une troupe de GI. Les élèves se levèrent et commencèrent à partir. Ulrich suivit ses trois amis, mais ne prêta attention, ni aux plaisanteries de Odd, sur le fait qu’il était dans les nuages, ni à Aelita et Jérémie, qui parlaient à voies très basses, d’il ne savait quoi. Une certaine japonaise monopolisait toutes ses pensées.

Environ une heure plus tôt, peu après 17h00, la japonaise en question, marchait dans la rue escorter par un garçon habillé en rouge et noir. Yumi avançait en compagnie de William. Celui-ci prit la parole.
- Alors Yumi, si tu me disais maintenant, où tu étais ?
Il s’y attendait un peu, mais il fut quand même déçu, de voir que le japonaise prit un air glacial.
- Cela ne te regarde pas. Dit-elle froidement, mais calmement.
- Nous sommes amis, non ? Tu peux m’en parler, tu sais.
William avait dit cela, car il ne voulait pas abandonner si facilement. Mais en revanche, il sentait bien, qu’il allait devoir trouver un autre sujet, pour bien conclure leur conversation et garder sa chance, auprès de sa bien-aimée. Surtout que celle-ci avait répondu, sur un ton toujours aussi froid.
- Je viens de te dire, que cela ne te regardait pas.
Elle n’ajouta pas un mot et regarda droit devant elle, en accélérant le pas. William reprit donc, en forçant la cadence pour rester au niveau de sa camarade.
- Et à part ça, tu te sens prête pour les contrôles ? Pour ma part, je sens bien que ça va être du gâteau.
- Ne sois pas trop optimiste. Lui dit Yumi avec le sourire, en ralentissant le mouvement, contente qu’il ait changé de sujet. Imagine la tête que tu feras, si tu te reçois, comme la dernière fois un trois sur vingt, avec marqué : totalement hors sujet.
- Merci, de me le rappeler. Répondit William, en souriant faiblement. Mais cet idiot de prof de philo, n’avait rien compris, à ma disserte. Il n’était pas d’accord, avec mon idée, que tout ce qui se passe est le fruit du destin.
- Comme les rencontres ? Dit Yumi, en le regardant toujours avec le sourire, en comprenant où il voulait encore en venir.
- Tout à fait, tu m’enlèves les mots de la bouche. Reprit le garçon, avec un ton et un air de plaisanterie.
- D’après moi. Lui dit la jeune fille, en le regardant dans les yeux, avec un air sérieux. Je crois, que c’est nous qui décidons de notre destin. C’est trop simple de dire, que tout est tracé, d’avance. Nous faisons nos choix, qui influencent notre avenir. La somme de tous les choix, aboutit au destin.
- C’est un point de vue intéressant, on pourrait en débattre. Dit William, qui la regardait avec une lueur dans les yeux.
Yumi détourna le regard et vit qu’ils venaient d’arriver, devant chez elle.
- Ce sera pour une autre fois. Je te laisse.
- Attends. Dit-il, en la retenant par le bras. Yumi, je voulais justement te demander. Que dirais-tu, si Samedi on allait faire un tour, tous les deux ? Pour fêter la fin des examens, ce serait cool, non ? On pourrait aller, ce faire un ciné par exemple. Qu’en dis tu ?
Yumi sembla prise de court. Elle voulait éviter de répondre trop vite, au cas où ses amis auraient besoin d’elle. Elle réfléchit et dit finalement.
- Je te donnerais ma réponse, après les examens. D’accord ? Pour voir, si j’aurais la tête à cela.
- Comme tu veux. Bon aller, à demain.
- A demain. Lui dit-elle.
William salua Yumi et s’en alla. Il sentait, qu’il avait fait, une bonne impression. Avec Yumi, il fallait éviter d’y aller trop brusquement. Il était persuadé que le cinéma était l’idéal, pour être enfin tranquille avec la japonaise et peut-être même pour enfin recevoir, le baiser tant désiré, qui marquerait à ses yeux, l’aveu réciproque de leur amour. William avait vraiment de grandes envolés romantiques, à ses moments. Il partit heureux, de cette perspective d’avenir.

Yumi regarda son camarade de classe s’éloigner. Elle resta un instant au niveau du portail perdu dans ses pensées. Puis elle rentra chez elle, en ayant complètement oublié, les problèmes qu’elle avait eus, à peine un quart d’heure plus tôt. Elle ne s’en souvint, qu’une fois à l’intérieur de la maison. Sa mère arriva brusquement, devant-elle, comme elle avait fait pour Hiroki.
- Yumi. Dit-elle. Le proviseur du collège, vient d’appeler. Il m’a dit, que tu avais encore été, en retard, à un cours.
La jeune fille répondit, très embêté par ce rappel de la réalité.
- Je sais maman, mais j’étais plongé dans mes révisions, à la bibliothèque et je n’ai pas vu le temps passé.
C’était la même excuse, qu’au proviseur. Mais Yumi détestait mentir à ses parents. Là, elle en était gêné et jouer beaucoup moins bien la comédie. Elle dû même faire un effort, pour ne pas détourner les yeux de sa mère.
- On en avait pourtant parlé. Tu ne devais plus avoir de retard. Ton père risque bien, d’être encore de mauvaise humeur, ce soir. Reprit sa mère.
- Je sais, mais avec les examens, je pensais surtout à réviser. Dit Yumi, de plus en plus embarrassée.
- Tu sais, ton père envisage de mettre dans une école privée, si tu continues comme cela. Alors il faudrait vraiment, que tu fasses plus attention.
La jeune fille comprit que sa mère, voulait lui éviter cela. Elle avait toujours été plus compréhensive, que son père. Yumi lui en fut intérieurement reconnaissante. Elle pensa aussi catastropher, aux conséquences de son départ, pour un autre établissement. Ses amis risquaient de se retrouver seuls. Il fallait, qu’elle évite cela, à tout prix. Elle regarda sa mère et cette dernière reprit la parole.
- Mais il faudra, quand même que je parle à ton père, de ce retard.
- Je comprends maman. Mais ne t’inquiètes pas. Avec les notes, que je vais ramener, il n’y aura aucune raison de me changer d’école.
Sa mère sourit et la jeune fille, commença à se diriger vers l’escalier.
- Tu ne veux pas goûter ? Demanda quand même, sa mère d’un ton plus attentionné.
- Non, c’est bon, j’attends le dîner.
Yumi monta les marches, en pensant à ses révisions. Avec de bonnes notes aux contrôles, son père ne devrait pas faire trop d’histoires. Un bon bulletin et une conduite parfaite de sa fille, voilà ce qu’il avait toujours exigé. Si elle prouvait que ses retards, n’étaient dus qu’à un surplus de révisions, tout s’arrangerait.
Mais alors qu’elle arrivait, devant la porte de sa chambre, en l’espace d’un instant, elle ressentit une sensation étrange. Le sentiment que quelqu’un était proche d’elle. Elle avait sentit une présence sur sa droite. Surprise, elle tourna la tête dans cette direction et vit son petit frère qui se tenait, à environ trois mètres d’elle.
La jeune japonaise eut l’impression qu’une sorte de chaleur anormale, se répandait à l’intérieur d’elle. Hiroki la regardait fixement dans les yeux, alors que la chaleur était là, étrange, la mettant mal à l’aise.





Le proviseur du collège s’arrêta d’écrire. Les papiers à remplir faisaient parti, de son lot quotidien. Il n’y avait rien d’extraordinaire, là dedans. En revanche, il se passait ses derniers temps dans son établissement de petits événements, qui eux semblaient sortir de l’ordinaire.
« Mademoiselle Ishiyama était encore absente. Cela ne lui arrivait pratiquement jamais, autrefois. » C’était une des questions, qui le tourmentaient ces derniers temps. Que pouvait bien faire Yumi, une jeune fille si sérieuse, si studieuse, quand elle disparaissait de la circulation pendant plusieurs heures dans la même journée ?
Le père de Sissi regarda le papier, qu’il venait de remplir. C’était une demande, pour renouveler le matériel scolaire vétuste. Il était convaincu, que cela commençait à devenir urgent. Il avait eu cet après-midi, un exemple de catastrophe à petite échelle, que pouvait produire, le matériel dont il disposait actuellement. Or c’était là un autre point, qui inquiétait le proviseur. Les incidents de ce genre devenaient un peu trop courant, à son goût ses derniers temps.
Dans son esprit, les idées se rassemblaient et s’assemblaient, les unes avec les autres. Il est vrai que les incidents étranges et les disparitions de Yumi, semblaient avoir commencer à se multiplier, dans les mêmes périodes. Mais monsieur Delmas, rejeta immédiatement l’idée qu’il y ait un lien, entre une de ses élèves et les problèmes, que rencontrait son collège.
Quelqu’un frappa à la porte. Le proviseur leva la tête et dit calmement.
- Entrez.
Sa secrétaire entra et s’avança vers lui, en lui tendant un dossier.
- Ce sont les papiers concernant le budget de l’établissement, monsieur Delmas. Dit-elle, avec son air affairé.
- Merci, Nicole. Au fait, pourriez vous...Commença le proviseur.
Sa secrétaire attendit, puis devant son hésitation, elle demanda.
- Oui, monsieur ?
- Non, rien. Répondit-il, dans un soupir.
Il prit le dossier et commença à le lire. Madame Weber devant cette réaction comprit, qu’il n’avait plus besoin d’elle. La secrétaire choisit donc de partir, sans en demander davantage. Elle retourna à son bureau, se réinstalla devant son ordinateur et se remit elle aussi à travailler.
Monsieur Delmas lisait le dossier de manière distraite. Il avait voulu demander, à sa secrétaire de lui rechercher, toutes les absences injustifiées de Yumi Ishiyama, mais aussi celles de ses amis. Il posa le dossier et regarda ailleurs un instant.
- Jim aurait-il raison, après tout ? Murmura t’il.
Jusqu’à présent, il avait toujours considéré comme sans aucun fondement, les soupçons que le professeur de sport entretient à l’égard, du groupe d’élève auquel appartient Yumi. Mais maintenant sa conviction de l’innocence complète de ce petit groupe, commençait à être sérieusement remise en cause. Certes par le passé, les professeurs avaient souvent fait remarquer, que ces élèves s’absentaient en prétendant aller à l’infirmerie. Mais la plupart du temps, ils n’y mettait jamais les pieds. Ces disparitions étaient devenues trop fréquentes, pour que le proviseur lui-même, ne commence à y voir quelque chose d’anormal.
Puis, il y avait cette nouvelle qui était arrivée pendant l’année. Aelita Stones, s’il se souvenait bien. C’est un peu après qu’elle soit arrivée, que les choses aient commencées à devenir de plus en plus étranges. Mais le proviseur ne parvenait pas à voir ce qui unissait tous ces faits. L’arrivée d’Aelita une cousine de Odd, des disparitions de plus en plus fréquentes dans la journée, des incidents étranges dont le dernier en date s’était produit il n’y a même pas une heure, tout cela semblait avoir démarré dans les mêmes temps.
Le proviseur réfléchit, gardant toujours son air impassible. L’idée de Jim, comme quoi cette petite bande avait des activités plutôt secrètes, pouvait-elle être vraie ? Le proviseur ne pouvait pas y croire. Il se leva et se dirigea vers la porte de son bureau. Il l’ouvrit, mais resta sur le seuil de la porte et appela sa secrétaire.
- Nicole ?
- Oui, monsieur ? Demanda celle-ci en détournant le regard de son écran d’ordinateur.
- Vous allez me chercher dans les dossiers, toutes les absences injustifiées de Yumi Ishiyama, d’Aelita Stones, d’Ulrich Stern, de Jérémie Belpois et de Odd Della Robbia. Et vous m’amènerez cela le plus tôt possible, s’il vous plaît. Dit-il avec son ton autoritaire, avant de se renfermer de nouveau dans son bureau.
- Bien, monsieur.
Madame Weber était un peu surprise, sur le coup de cette demande, mais elle obéit sans discuter. La seule chose qui l’embêtait, c’était que ces cinq élèves s’étaient justement beaucoup signalés, par leurs absences. Cela risquait de lui donnait assez de travail. Elle regarda, la pile de papier sur son bureau qui attendait d’être classé. Elle allait devoir attendre encore un peu. La secrétaire soupira profondément et ce lança dans le travail, qu’on venait de lui confier.
Monsieur Delmas de son coté retourna en direction de son bureau.
« Le meilleur moyen d’être sûr, qu’ils ne font rien d’illégal, est encore de s’en assurer. » Pensa t’il, en regardant par la fenêtre un élève passer en marchant tranquillement, se dirigeant visiblement vers la bibliothèque.
Il reconnut immédiatement William Dunbar. Il se demanda, pendant un bref instant d’où il revenait, avant de s’asseoir dans son fauteuil et de reprendre en main, le dossier du budget du collège.

Yumi regardait son petit frère, dans le blanc des yeux. Elle sentait en elle, depuis qu’elle avait croisé son regard, une chaleur inhabituelle. Mais au-delà, ce qui perturbait la jeune japonaise, était le comportement de son frère. Hiroki avait l’air légèrement surpris, ne disait rien et regardait fixement sa sœur. D’ordinaire il aurait eu sur le visage, une expression plus espiègle et aurait déjà sortit une remarque, comme quoi elle était amoureuse d’Ulrich. Mais là rien, les deux Ishiyama se regardaient mal à l’aise et en silence.
« J’ai chaud. Que se passe t’il ? »
Ce fut la première pensée d’Hiroki, quand il croisa le regard de sa sœur aînée. Lui aussi, à ce moment avait senti, ce sentiment de chaleur à l’intérieur de lui-même. Il essaya de cacher, sa surprise. Que se passait-il encore ? Après le mal de tête, qui le tenaillait depuis cet après-midi, il avait désormais ce sentiment étrange, qui l’envahissait. Il regardait sa sœur en réfléchissant. Elle ne disait rien. Est-ce qu’elle aussi, sentait cette chaleur intérieure? Ne sachant quoi faire, Hiroki resta silencieux, quelques instants. Mais il pensa sur le coup.
« Je dois dire quelque chose, avoir l’air naturel. »
La sœur et son jeune frère, se regardèrent en chien de faïence, pendant quelques secondes, qui leurs parurent durer beaucoup plus longtemps, avant que le garçon trouvant une inspiration subite, ne brise enfin le silence.
- Tu étais avec ton Ulrich, cet après-midi ? J’ai vu que tu étais en retard en cours.
- Arrêtes de dire des bêtises. Répondit Yumi en s’énervant, mais aussi en constatant qu’elle avait retrouvé son frère habituel.
- Tu parles. Je t’ai vu passé en courant, alors que tu aurais dû être en cours. T’étais avec Ulrich.
Yumi soupira. Il fallait qu’il recommence avec cela. En plus si le silence avait disparu, la chaleur elle, était toujours là. La japonaise qui se sentait toujours aussi mal, face à se sentiment étrange et qui était comme toujours exaspéré par le comportement de son frère, choisit de rompre la conversation.
- Tu devrais plutôt te mêler de tes affaires et de tes contrôles surtout. Papa n’était pas très content, quand il a vu ton dernier bulletin.
Hiroki sembla toucher, par la remarque. Yumi avait visé juste. C’était généralement, l’un des meilleurs moyens, pour le faire taire. Même si elle détestait avoir recours, à cette méthode avec son frère. Mais comme il ne lui répondit rien, elle choisit de conclure.
- Bon, je te laisse. J’ai à réviser, moi.
La japonaise avait bien appuyé, sur le dernier mot, avant d’ouvrir la porte de sa chambre et de la claquer, faisant comprendre à son frère, qu’il l’exaspérait.
Hiroki n’avait rien répondu. Yumi venait d’appuyer sur un point sensible. Hiroki savait bien, que ses parents et surtout son père, étaient particulièrement attachés à la réussite scolaire de leurs enfants. Et en dépit de ses absences répétées, Yumi ramenait toujours de très bons bulletins. Et à plusieurs reprises, son père avait fait remarquer à Hiroki que ses notes à lui, était inférieures à celles de sa sœur, alors qu’il était plusieurs classes en dessous de la sienne. Ses remarques étaient sensées le stimuler. Mais Hiroki avait plutôt l’impression, que son père n’avait que peu d’estime pour lui, alors qu’en revanche il ne jurait que par sa fille.
Hiroki était resté debout sans bouger et sans parler, quand il avait entendu les dernières répliques de sa grande sœur. Quand elle fut rentrée dans sa chambre, il baissa la tête, le regard triste et resta là pendant quelques instants. Le jeune garçon préféra d’arrêter de penser à cela. Il n’allait pas se rajouter, des idées noires. Dés que Yumi l’avait quitté, la sensation de chaleur s’était volatilisée. Elle était partit comme elle est venue. En revanche, son mal de tête était toujours là, omniprésent. Le jeune japonais poussa un profond soupir, en se portant la main sur son front. Puis, il se mit à avancer et descendit l’escalier. Une fois en bas, il regarda autour de lui, avec un air méfiant et entendit sa mère, qui marchait dans la salle à manger. Il se dirigea en direction de la cuisine et ouvrit un meuble, cherchant quelque chose.

William Dunbar venait de franchir le portail du collège. Une fois de plus, il n’y avait personne pour remarquer qu’il était sorti, en toute illégalité du collège. Mais pour sa part, être avec Yumi était bien plus important, que le respect des règlements. Il traversa tranquillement le parc, voulant faire un petit crochet pour se détendre, avant de se rendre à la bibliothèque. Cette solitude temporaire et cette pensée pour les règlements lui rappelèrent, qu’il ignorait toujours ce que faisait Yumi, quand elle s’éclipsait au cours des journées. Cela l’embêtait pour deux raisons. D’une part, sa curiosité en ce qui concernait Yumi et même sa plus simple curiosité, voulaient la vérité. D’autre part, il savait que Stern était avec elle, à ses moments là. Et il ne supportait pas de savoir, qu’ils passaient ainsi du temps ensemble. Là c’était sa jalousie, qui voulait savoir la vérité.
- Qu’est ce que Yumi peut bien faire, quand elle disparaît, avec Stern et les autres ? Marmonna t’il. Et pourquoi, ne veut-elle rien me dire ?
Cette question le tourmentait, mais une pensée positive vint lui rendre le sourire.
- Avec un peu de chance ce week-end, je passerais moi aussi du temps avec Yumi. Peut-être qu’à la longue, elle consentira à m’en dire plus. Dit-il, en se parlant tout seul.
L’air content de lui, William passa devant le bâtiment administratif, où il avait accompagné Yumi, il n’y a même pas une heure. Il arriva devant la bibliothèque et regarda sa montre, qui indiquait : 17h33. Il y allait pour réviser un peu, juste pour limiter les dégâts lors du contrôle de mathématiques, même si la bibliothèque fermait dans environ une demi-heure.
Alors qu’il était sur le seuil du bâtiment, il vit quelqu’un arrivait sur sa gauche. Il reconnut Tamiya, une des deux journalistes du collège. Il ne lui prêta pas vraiment attention et pénétra dans la bibliothèque. Une fois à l’intérieur, il chercha du regard une place de libre et vit Christophe M’Bala, un élève de sa classe et un ami à lui au passage, qui lui fit un signe, lui indiquant la place libre à coté de lui. William s’avança vers lui.
Tamiya entra dans la bibliothèque, quelques instants après le garçon. Elle vit aussitôt Jim le professeur de sport, qui s’avançait en direction de William Dunbar, visiblement pour lui demander pourquoi, il arrivait si tard à la bibliothèque, où il aurait dû venir aussitôt après son dernier cours. Tamiya interpella le professeur, avant que celui-ci ait rejoint William.
- Monsieur, excusez moi.
- Oui ? Répondit celui-ci, de sa voie toujours aussi bourrue, en regardant la jeune fille.
- Je voulais vous demandez, si je pouvais utiliser la chambre noire, pour mes photos.
Jim sembla réfléchir un instant, puis il fouilla dans sa poche et en sortit une clef, qu’il tendit à la petite noire.
- D’accord. Mais tu connais les règles pour utiliser cette pièce. Et je veux que tu ais terminé, avant 19h00.
- Très bien, monsieur. Répondit la fille, en prenant la clef et partant contente d’avoir pu obtenir si facilement, ce qu’elle voulait.
De son coté William s’asseyait à coté de Christophe. Et celui-ci, lui fit remarquer en montrant le professeur et Tamiya.
- Tu as de la chance, qu’elle soit venue lui parler, car je crois qu’il aurait voulu savoir où tu étais encore passer.
- Bah. Dit William, l’air nonchalant. Je raccompagnais Yumi. Mais je doute, que ce prof soit capable de comprendre, tout le sens de ce genre de geste.
- Tu l’as dis. Repris son camarade. Et Yumi, comment s’en tire t’elle ?
- Bien, elle n’a pas eu d’ennui.
- Je me demande bien, ce qu’elle peut fabriquer à chaque fois, qu’elle est en retard. Dit Christophe, avec un regard interrogateur.
- Je me le demande moi aussi, elle ne me l’a jamais dit. Se contenta de répondre William, pour clore sur ce sujet.
« Mais bientôt, elle me le dira» Pensa t’il également, avant de réengager la conversation.
- Et pour les maths, tu te sens prêt ?

Sans savoir qu’on parlait d’elle au collège, Yumi restait plongée dans ses pensées. Après avoir croisé son petit frère, elle s’était enfermé dans sa chambre et s’était plongé dans ses révisions. Il fallait qu’elle travaille, si elle voulait éviter, que son père ne risque de mettre à mal, son groupe d’amis. Xana semblait plus décider que jamais, ces derniers temps. La perte d’un seul combattant serait catastrophique. Mais ce n’était pas seulement, la lutte contre le supercalculateur qui la préoccupait. Elle ne voulait pas perdre ses amis. Aelita, Jérémie, Odd et Ulrich par-dessus tout, avaient une place très importante dans sa vie. Elle pensa à eux. Que pouvaient-ils faire en ce moment ? Son réveil indiquer 18h05. Ils devaient probablement regagner leurs chambres.
La japonaise était allongée sur son lit, avec un cahier de mathématiques ouvert devant elle. Elle s’arrêta de lire, pour penser un instant à autre chose, notamment ses problèmes. Tout d’abord, elle savait qu’en révisant bien, elle satisferait son père et éviterait tout ennui de ce coté là. De l’autre coté, elle était touché de la proposition de William, d’aller faire une sortie après les examens. Cela lui permettrait de se changer les idées. Surtout qu’entre les contrôles de fin de trimestre et les attaques de Xana, elle n’avait plus beaucoup de temps à elle. Et puis son camarade de classe ignorait tout du secret de lyoko et par conséquent ses sujets de discussion devenait plus varier et surtout moins oppressant. En parlant avec lui, elle oubliait souvent le poids, que le combat contre Xana faisait peser sur ses épaules.
Yumi prit son portable et murmura.
- Je devrais dire à William, que c’est d’accord pour samedi. Cela me fera du bien.
La jeune fille sembla hésiter. Elle entendit la porte, de la chambre voisine s’ouvrir et se refermer. C’était signe qu’Hiroki venait de retourner, dans sa chambre.
Yumi reposa son portable, oubliant complètement William et ses projets de sortie. Le face à face avec son petit frère lui revenait en mémoire. Et tout particulièrement ce sentiment désagréable, quand elle avait croisé son regard.
« Hiroki était bizarre, tout à l’heure. Il avait l’air troublé. »
Yumi réfléchit un instant. Elle attrapa son walkman, mit les écouteurs à ses oreilles et commença à écouter, l’un des derniers tubes des subsonics. Elle allait pouvoir penser à tout cela, un peu plus détendue. Elle repartit dans ses réflexions, alors que la musique démarrait. Elle n’avait jamais connu de sensation, comme celle de tout à l’heure. Et son intuition féminine, lui disait qu’il y avait quelque chose d’anormal, là-dessous.
- Et si lui aussi, avait ressentit la même chose que moi ? Dit Yumi en regardant le mur, qui la séparait de son petit frère.
Cette idée lui était venue d’un seul coup. Mais elle la repoussa, pour en faire place à une autre.
- Ou alors il a vu, que je n’étais pas trop en forme, ces derniers temps. Murmura t’elle, en s’affalant sur son lit. Avec les attaques de Xana et tout les contrôles, je n’ai plus beaucoup de temps pour dormir.
C’était vrai. Non seulement, Xana multipliait ses offensives, mais avec l’absence de retour dans le passé, les combattants avaient de moins en moins de temps de repos. A la longue, ils risquaient d’être vaincu à l’usure. Yumi commençait à mettre, ses problèmes sur le compte de la fatigue. Mais quelque chose lui disait, qu’il y avait certainement autre chose qu’un manque de sommeil, dans cette histoire. Elle regarda une nouvelle fois le mur, qui séparait sa chambre de celle de son frère. Puis elle pensa.
« Je ne sais pas, ce qu’était cette sensation de chaleur, mais j’en parlerais à Jérémie. C’est peut-être dû, à Lyoko. »

Yumi était pour l’instant, le centre des pensées d’Ulrich. Il ne se souciait guère de ce qu’il l’entourait. Il sortait de la bibliothèque, pour regagner sa chambre, en se joignant au flux des élèves. Le regard vague, il avançait sans vraiment écouter, ce que disaient ses amis. Il entendit à peine Jérémie, dire à Aelita.
- J’ai bien une idée pour un programme, qui permettrait de mieux comprendre, comment fonctionnent les tours. Tu vas voir, j’ai déjà commençais quelques programmations, mais je les avais laissés de coté.
- Ulrich tu m’écoutes ? Finit par demander Odd en agitant la main devant les yeux de son ami, désespérer de voir l’absence de réaction de celui-ci, à toutes ses tentatives de dialogues.
- Quoi ? Demanda Ulrich, avec l’air de celui, qui n’a justement rien écouté.
- Houlà, quand tu rêves comme ça, c’est que tu penses au grand amour. Dit Odd, un grand sourire aux lèvres.
- Tu sais quoi Odd ? Répondit Ulrich, tout de suite énerver. Tu te comportes exactement comme le petit frère de Yumi. Tu devrais faire connaissance avec lui. Je suis sûr que vous seriez vite copains.
- C’est bon, du calme. Intervient Jérémie, essayant d’apaiser les choses.
Ulrich n’ajouta rien et regarda droit devant lui. Là, le spectacle le réjouit encore moins, que les sorties de son voisin de chambre. William sortait lui aussi de la bibliothèque, en discutant avec un garçon de la classe de Yumi. En voyant celui qu’il considérait comme son rival, Ulrich eut un instant l’idée de foncer en sa direction et de lui en mettre une, sans aucune raison. Il reprit immédiatement son calme et se contenta d’afficher un air mécontent.
- Ah, c’est la concurrence. Dit Odd, toujours de bonne humeur, en voyant l’expression renfrognée d’Ulrich.
- Arrêtes Odd. Lui dit Jérémie qui n’avait pas envie, qu’Ulrich s’énerve pour rien.
Ulrich sentit une certaine reconnaissance, pour Jérémie. Mais il accéléra le pas et partit sans rien dire.
- Ulrich attends. Dit Odd, qui semblait embêter de voir que son voisin de chambre risquait d’être de mauvais poil, pour toute la soirée.
- Laisse le un peu, crétin. Dit Jérémie en retenant le comique par le bras. Tu ne vois pas, que tu l’énerves, avec tes vannes à deux centimes.
Ulrich s’éloigna et monta directement dans sa chambre. Kiwi se réveilla, en entendant la porte s’ouvrir. Il eut l’air triste. Maintenant que les humains qui vivent ici, commençaient à revenir, il allait être difficile, de se reposer. Ulrich s’assit à son bureau et sortit ses cahiers. Il était 18h10, cela lui donnait presque une heure, avant le dîner. Il était décidé à réviser, pour éviter d’avoir à parler à son voisin de chambre. En ce moment, il préféra largement la compagnie d’un cours, que celle d’un humain. Au moins, son cours ne venait pas le narguer, sur sa vie privée.
Dans le couloir Odd discutait avec Jérémie et Aelita. Jérémie ne pu s’empêcher, de donner un ultime conseil à son ami, avant de se séparer.
- Et surtout, évites les réflexions à propos de Yumi. Tu sais que ce sujet à tendance à le mettre en rogne, ses derniers temps.
- C’est vrai. Confirma Odd, qui était toujours en première ligne, pour subir la mauvaise humeur d’Ulrich.
Le garçon habillait en violet regarda le génie s’éloignait avec leur amie aux cheveux roses.
- Toi au moins, tu n’as pas ce problème. Marmonna le comique de service.
Il entendit Aelita, qui demandait à Jérémie.
- Tu penses, que ce programme sera facile à mettre au point ?
- Bien sûr. En allant sur Lyoko, tu peux savoir ce que fait une tour. Alors cela devrait être assez simple, d’avoir à l’avenir les mêmes informations à partir d’un ordinateur.
Ils entrèrent tous les deux, dans la chambre de Jérémie, pour s’attaquer à la confection de ce fameux programme. Odd regarda, l'air déterminé la porte de sa chambre, où se trouvait déjà Ulrich.
- Allons. Il ne peut pas être de plus mauvaise humeur, que d’habitude.

A peine était-il rentré dans sa chambre, qu’Hiroki s’adossa à la porte, l’air fatigué. Il était descendu dans la cuisine, pour prendre un comprimé contre le mal de tête. La douleur qu’il ressentait derrière son front, n’avait pas vraiment diminué. Pire encore, elle l’épuisait de plus en plus, l’empêchant de se concentrer sur quoi que ce soit. Le jeune japonais s’assis par terre, dos à la porte, la tête dans les mains.
- Qu’est ce que je vais faire ? J’arriverais jamais à passer les examens, avec ça.
Il murmura ces paroles, désespérément. Depuis cette après-midi, le mal le tenait et ne voulait pas le lâcher. Il sentait, qu’il risquait d’être incapable de faire quoi que ce soit, tant cette douleur semblait s’accrocher à sa tête.
- Si je n’étais pas rester au collège, ça ne serait pas arrivé.
Le frère de Yumi commençait à perdre espoir. Les ennuis qui s’étaient abattus sur lui en un seul après-midi, lui semblaient être des événements, contre lesquels il n’avait aucune prise, contre lesquels il ne pouvait rien. Il poussa un gémissement, en se tenant plus fort la tête. L’image de la fumée noire, lui revenait encore en mémoire.
- C’était quoi, cette fumée ? Demanda le japonais, dans un souffle.
Hiroki ferma les yeux, alors que la douleur redoublait de nouveau d’intensité. L’effet de l’aspirine avait été de courte durée et presque inefficace. Il eut l’impression que cette douleur venait de remonter tellement vite en intensité, qu’il croyait que sa tête allait finir par exploser. Quand le mal atteignit son point culminant, il pensa vraiment que c’est ce qui venait de se produire. Comme si un morceau de métal incandescent venait d’apparaître à l’intérieur même de sa tête, alors qu’il se retenait de crier.
En un éclair, il vit quelque chose. Une scène qu’il n’avait jamais vécue et que pourtant il voyait, comme si elle était un de ses propres souvenirs. Il avait l’impression de parcourir un réseau électrique à la vitesse de la lumière, et de s’arrêter brusquement dans un appareil, qui semblait être une lampe au plafond d’un couloir désert. La scène se figea sur un plan fixe de la partie du couloir, juste en dessous de la lampe.
La vision, qui n’avait même pas duré une seconde, s’estompa aussi rapidement, qu’elle était apparue alors qu’Hiroki sursauta en ouvrant les yeux. Il avait poussé un long gémissement de douleur, mais n’avait ni crié de douleur, ni appelé à l’aide. Il respirait vite comme en proie, à une émotion violente, alors que sa douleur retombait à son niveau de départ. Ses mains tremblaient, alors qu’il se recroquevilla sur lui-même.
- Qu’est ce que c’était ? Dit-il d’une voie inaudible, alors qu’il essayait de reprendre son souffle et le contrôle de lui-même.
Au prix d’un bel effort physique et mental, le garçon parvint à se lever et se dirigea la tête lourde, vers son lit. Il allait se reposer, jusqu’au dîner. Peut-être qu’après cela irait mieux. C’était la seule idée claire qui lui traversa l’esprit. Les autres s’embrouillaient les unes avec les autres. Hiroki l’air complètement abattu et épuisé, s’affala sur son lit dans l’espoir de s’endormir. Au moins comme ça, il ne ressentirait plus ce mal de tête. Mais celui-ci bien que moins virulent était resté tel, qu’il n’arrivait pas à trouver le sommeil, malgré la fatigue qui pourtant semblait le gagner.
Le frère de Yumi regarda le plafond, avec des yeux ternes. Tout à coup une idée sembla émerger de la masse confuse de ses pensées. Il se redressa brusquement pris d’un sursaut d’énergie et marmonna quelques paroles, qui résumèrent sa pensée.
- Ce couloir...c’est celui où la fumée est apparue.





Installé devant son ordinateur, Jérémie tapait à toute vitesse sur les touches de son clavier. Aelita était debout à ses cotés et comme lui, elle semblait fasciné par l’écran de l’ordinateur. Des indications complexes défilaient rapidement, devant les deux jeunes visiblement très concentrés.
Jérémie agissait en gardant son sang-froid. La présence d’Aelita le troublait, des fois. Il lui arrivait de craindre, de faire une erreur devant elle. Mais maintenant ce problème était largement réglé. Il avait subi devant elle, de nombreux échecs quand il travaillait sur la matérialisation. Mais elle avait toujours gardé confiance en lui. Désormais, sa présence ne faisait, que stimuler le petit génie. D’autant plus que le programme, sur lequel ils étaient penchés, lui paraissait relativement simple à mettre en place. Il sourit et dit en regardant la jeune fille.
- Voilà, nous devrions avoir accès aux donnés de la tour.
Sur l’écran, une tour apparut entourait par plusieurs indications. Le garçon aux lunettes et la fille aux cheveux roses, se penchèrent un peu sur l’écran, l’air légèrement surpris.
- Visiblement la tour est désactivée. Commença Aelita. Mais on dirait qu’il y a encore de l’activité, dans ses programmes.
Jérémie ne répondit pas tout de suite, semblant réfléchir.
- Cela ressemble à une sorte de collecte d’informations, non ? Répondit-il, en fronçant les sourcils, apparemment très concentré.
- Oui. Confirma la fille. C’est comme si la tour rassemblait des fichiers.
- Tu as déjà vu cela, auparavant sur lyoko ? Demanda le garçon, en la regardant, avide d’en savoir plus.
- Non. Répondit son amie, en hochant légèrement la tête. Mais il faut dire, que je n’étais jamais resté dans une tour, qu’on venait de désactiver. Avant, il y avait le retour dans le passé. Maintenant, je reviens sur terre, une fois la tour désactivée. Alors, il est possible que cela se passe toujours comme cela, mais qu’on n’en est jamais rien su.
- C’est quand même étrange. Je crois, qu’il vaudrait mieux analyser cette tour et voir ce qu’on peut apprendre. Dit Jérémie, en recommençant à taper sur son clavier.
- Quand le programme sera au point. Tu penses qu’on pourra immédiatement savoir, à quoi doit servir une tour, à chaque fois que Xana en active une ? Demande Aelita.
- Bien sûr. Lui répondit-il, en souriant. Grâce à ce programme, chaque fois qu’une tour activée est localisée, nous saurons à quoi elle doit servir. Que Xana veuille prendre possession de quelqu’un, qu’il matérialise ses monstres sur terre, ou qu’il prenne le contrôle d’un réseau électrique, peu importe. L’ordinateur nous donnera la réponse tout de suite.
Aelita sembla enthousiaste en écoutant son ami. Mais elle parut surprise, quand elle reporta son regard sur l’écran. Jérémie lui aussi, semblait se trouver face à quelque chose d’inattendue. Il pianota immédiatement sur les touches du clavier. Les données compliquées qui apparurent devant ses yeux, semblèrent achever de le déconcerter. Il dit simplement, en regardant la jeune fille, qui semblait aussi troubler que lui.
- Et ça, c’est quoi ?

Ulrich était allongé sur son lit, avec un cahier ouvert à coté de lui. Il révisait ou plutôt essayait de réviser. Ces pensées allaient plus vers Yumi et William, que vers les mathématiques. Odd était là, mais il jouait avec son chien. Les deux garçons n’avaient pas échangé une parole, depuis qu’ils étaient dans la chambre. Ulrich détacha son regard de son cours, qu’il lisait pour la troisième fois, sans vraiment assimiler quoi que ce soit. Il s’allongea sur le dos et regarda le plafond.
« Comment fait Jérémie ? Lui, il aurait déjà tout oublier, en s’immergeant dans le travail. » Pensa le garçon brun, avec une expression mélancolique sur le visage.
Mais il n’était pas vraiment du genre, à essayer de contourner les difficultés. Il voulait les résoudre et pas les éviter. C’était son coté fonceur, combattant.
« Ce William, ce qu’il peut m’agacer. On devrait régler cela, d’homme à homme. »
Ulrich effaça cette idée, de son esprit. Qu’aurait dit Yumi, si elle apprenait qu’il allait chercher la bagarre avec un garçon, qui ne lui avait rien fait ? Son seul tort aurait été, d’être trop proche de la jeune japonaise. Et celle-ci n’aurait pas toléré, qu’on s’en prenne à quelqu’un juste, parce qu’il est ami avec elle.
« De toute façon, je ne vais pas casser la figure à quelqu’un comme ça, sans raison. » Se dit-il, pour essayer de se donner meilleure conscience.
Mais hélas, le souvenir de tout à l’heure, quand il avait vu William à la sortie de la bibliothèque, lui revenait en mémoire. Il avait été prêt un instant à le frapper, à l’attaquer sans aucune raison. Ce garçon l’agaçait sans aucune raison, à part le fait, qu’il était trop proche de Yumi. Et chaque fois qu’il le voyait, qu’il l’entendait, il avait l’impression que c’était une véritable provocation. Ulrich serra les poings. La colère revenait en lui, instinctivement. C’était plus fort que lui, il ne supportait pas William.
« Il me cherche aussi. Chaque fois, que je veux parler à Yumi, il est là. Il veut m’en empêcher. » Ragea t’il, intérieurement.
Et puis il avait Yumi, aussi. Pourquoi restait-elle aussi ambigu ? Est-ce qu’elle voulait simplement être, une amie des deux garçons ? Une amie, comme elle était amie, avec Odd et Jérémie. Elle ne lui avait jamais vraiment dit, comment elle le considérait. A chaque fois, qu’il croyait avoir une réponse, l’attitude de la japonaise semblait être un démenti. Il regarda le plafond et songea en se détendant un peu.
« Yumi si tu me parlais clairement, au moins je serais fixé. J’arrêterais de douter. »
Mais Ulrich semblait comme effrayer, par cette perspective. Et si jamais, la réponse de la jeune asiatique n’était pas celle qu’il voulait. Que ferait-il ? Il essaya de chasser, cette idée. Finalement, il n’osait pas affronter la réalité, comme il l’avait pourtant toujours fait. Là c’était quelque chose, contre lequel il se sentait désarmer. La question, qu’il se posa, n’était pas : que ferait-il ? Mais elle était plutôt : que pourrait-il faire ? Abandonnant toutes ses pensées, le jeune garçon choisit la méthode de Jérémie : s’abstraire dans le travail. Il se tourna à nouveau vers son cahier.
Kiwi bondit à ce moment, sur le lit d’Ulrich et plus précisément sur son cours. Ulrich sursauta et d’un revers de main rageur et puissant, il envoya le chien voler plus loin.
- Dégage de là ! Sac à puces ! Rugit-il.
Odd qui était assis sur son lit, bondit sur ses pieds et se précipita vers son chien, en disant.
- Kiwi ça va ?
Le chien se releva sans problème, mais partit se réfugier dans un coin de la pièce, en gémissant. Son maître se tourna furieux, vers son camarade de chambre.
- T’es malade ou quoi ?
- T’as qu’à mieux le tenir ton sale clebs. Et fait en sorte qu’il ne me dérange pas ! Répondit Ulrich, dont la voie venait encore de monter d’un cran.
- Eh ! C’est bon ! C’est pas parce que t’as des problèmes avec Yumi, qu’il faut te venger sur les autres ! Répliqua Odd, d’une voie égale à celle d’Ulrich.
- Je n’ai pas de problème avec Yumi ! Vous êtes agaçant à ne parler que de ça !
Cette fois, le ton qu’employait le brun, était suffisamment élevé pour inquiéter les occupants des chambres voisines, sur la situation dans la chambre des deux garçons. Fort heureusement pour Odd, bien qu’il s’était lui aussi énervé, il gardait suffisamment de présence d’esprit pour sentir que son camarade lui, risquait de perdre le contrôle. Or il ne voulait pas en faire les frais. D’autant plus qu’il connaissait déjà le résultat, d’un éventuel combat entre eux : il serait battu à tous les coups.
- Très bien. T’as qu’à continuer de râler tout seul. Mais ce n’est pas une raison de t’en prendre aux autres. Dit le blond en tentant de reprendre son calme.
- C’est toi et ton sale cabot qui me dérangeaient. Moi je vous ai rien demandé. Répliqua Ulrich, qui voulait contenir sa colère.
- T’as qu’à pensé ce que tu veux. Dit Odd, d’une voie beaucoup plus calme, en prenant son chien dans ses bras.
Il se dirigea vers le tiroir aménagé, pour Kiwi et y déposa son chien.
- Tu restes là Kiwi. Tu ne bouges pas.
Le blagueur de service avait dit cela d’une voie gentille, pour calmer son chien, qui semblait inquiet de l’humeur de l’autre pensionnaire. Puis, il alla s’installer, à son bureau. De cette manière, il tournait le dos à Ulrich et n’aurait pas à croiser son regard. Il prit aussi son walkman, avec ses écouteurs et se mit à écouter un tube des subsoniques. C’était juste histoire de ne plus entendre son camarade.
Ulrich de mauvaise humeur se remit, à lire son cahier. Mais il jeta un regard énerver à son voisin de chambre. Celui-ci avait mit le volume de sa musique tellement fort, qu’Ulrich avait l’impression que c’était une provocation de plus. Et puis c’était la faute de son chien, tout ça. Le garçon brun sentait qu’il n’avait vraiment pas envie, de rester dans cette chambre. Cette fois, la compagnie de son ami et de son animal, lui déplaisait plus qu’autre chose. Si l’on exceptait ses pensées sur William, peut-être. Toujours est-il qu’il sentait, qu’il allait sûrement aller voir ailleurs pour la nuit.
- Ce soir, j’irais dormir chez Jérémie. Chez lui, j’aurais la paix. Dit-il entre ses dents, pour lui-même.

Mais dans la chambre de Jérémie, même si les personnes présentes étaient calmes, l’atmosphère n’en était pas moins lourde. Jérémie était toujours devant son écran à pianoter sur son clavier. Il finit par s’arrêter et regarda son écran l’air peu satisfait.
- Alors Jérémie, tu trouves ? Finit par demander Aelita, qui se tenait debout à coté de lui.
- Non. Là, je ne comprends plus. Répondit Jérémie visiblement perturbé par un problème. Je ne vois pas, comment on a pu faire cela. On dirait quelque chose de nouveau. Il faudrait voir, si cela ressemble à ce qu’a déjà connu le supercalculateur.
- Attends. Dit calmement, la jeune fille. Si nous reprenions tout depuis le début ? On y verra peut-être plus clair.
Le génie blond soupira et pivota sur sa chaise, pour lui faire face. Il ferma les yeux un instant, l’air concentré et repris.
- Voyons. Des données sont collectées dans le supercalculateur et réunis dans cette tour. Ca au moins, c’est clair.
- Mais elles semblent avoir été désorganisées, un peu avant qu’on commence à s’intéresser à cette tour. Poursuivit son amie, en le regardant dans les yeux et en désignant l’écran de son index. Et visiblement, c’est qu’elles ont été consultées.
- Oui mais justement, je n’arrive pas à comprendre, comment elles ont été consultées. Dit Jérémie, qui semblait déconcerté en insistant sur le « comment ». Je ne trouve de traces nulle part, ni qu’il y est eut un ordinateur externe, qui aurait piraté le supercalculateur, ni que ce soit Xana, qui se soit intéressé à ces données. On dirait que cela vient de nulle part. Qu’il n’y a jamais eut personne, qui s’est connecté à cette tour.
Les deux enfants restèrent silencieux quelques instant. Le garçon se tourna à nouveau vers son écran, mais garda les yeux fermées et mis sa main sur son front, avec l’air de réfléchir intensément. La jeune fille quand à elle se mit à marcher vers le centre de la pièce les bras croisés, se concentrant elle aussi, pour trouver une solution.
- Mais Jérémie, peut-être que celui qui a fait cela, s’est arrangé pour brouiller sa trace. De cette manière, il ne peut pas être localisé. Répondit finalement Aelita d’un ton apaisant, en revenant vers son camarade et en lui mettant la main sur l’épaule.
- Non, je dirais plutôt que c’est comme une sorte de contact, que mon ordinateur ne reconnaît pas. C’est quelque chose de différent d’un contact classique. Reprit Jérémie, sans la regarder, l’air perdu dans ses pensées, apparemment toujours aussi captivé par le problème.
- C’est peut-être Xana, qui a mis cela au point. Supposa l’ancienne habitante de Lyoko.
- C’est possible. Si c’était quelqu’un de l’extérieur, il lui faudrait un matériel extrêmement puissant, pour briser les défenses du supercalculateur. Seul les gouvernements en ont et dans ce cas, je pense qu’on aurait déjà reçu la visite d’agents spéciaux. A moins, qu’ils n’aient pas réussi à localiser l’usine.
Jérémie avait parlé avec un certain embarras, devant une pareille perspective. Pour le garçon, l’idée que les autorités percent leur secret, avait toujours été une de ses plus grandes craintes. Il savait bien qu’Aelita était prête à se sacrifier, comme elle l’avait déjà montré dans le passé. Et il était bien conscient, que par soucis d’écarter le danger, les forces de l’ordre n’hésiteraient pas à débrancher le supercalculateur. Il n’était même pas sûr, que le fait qu’Aelita soit maintenant réelle, les ferait changer d’avis. Trop de vies étaient en danger. Et pour le gouvernement, une seule vie ne valait sûrement pas les milliers qui pourraient être menacées.
Aelita sembla inquiète, elle aussi. Elle avait toujours jugé égoïste, les dangers que faisaient courir au monde, sa simple survie. Cependant, elle avait une telle confiance en ses amis, qu’elle était persuadée, qu’ils formaient le meilleur rempart qui puisse exister, contre Xana. Mais des fois, dans ses moments de doutes, où lors des combats particulièrement difficiles, elle se disait que son sacrifice serait peut-être le seul moyen de stopper leur ennemi. Jusqu’à présent, elle évitait ce sujet. Mais là, avec l’idée que le supercalculateur puisse être découvert, cette pensée lui revenait en mémoire. Et c’est avec elle, que la fille aux cheveux roses suggéra.
- Avec toutes les attaques de Xana, peut-être qu’à la fin, cela a fini par attirer l’attention. Dans ce cas, il est possible que ce soit quelqu’un d’autre que Xana.
Son interlocuteur avait bien sentit où la fille voulait en venir. Il se fit de nouveau pivoter son siège, pour se tourner vers elle et voulant lui éviter trop de soucis, il essaya de ramener le sujet sur un autre terrain, qui était à peine plus rassurant.
- Oui. Ou alors, il s’agit bien de Xana, mais je ne comprends pas comment il a fait. Pourtant il ne semblait y avoir, aucune trace d’activité de Xana. Dit Jérémie, visiblement embêté aussi bien par ce point, autant que par l’idée que leur secret soit découvert.
- Justement, c’est son but d’essayer d’agir sans qu’on le remarque. Mais je pense, qu’il faudrait voir qu’elles sont ces données, qui l’intéressent autant. De cette manière, on y verra peut-être plus clair. Proposa la jeune fille, en se penchant un peu vers le visage de son ami.
- Mais Aelita, il y a d’autres choses qui me préoccupent. Avoua le jeune prodige, en détachant son regard de celui de son amie et se tournant vers son écran d’ordinateur. Premièrement, nous l’avons dit. Il y a ces données qui sont collectées et qui ont été consultées, sans que l’on sache comment.
- Là, d’accord. Se contenta de répondre Aelita.
- Deuxièmement, la tour semble avoir commencer cette collecte d’information, peu après avoir été désactivée. Poursuivit le garçon, les yeux toujours rivés vers l’écran.
- Cela peut très bien être Xana, s’il a mis au point un nouveau système. Lui dit Aelita, l’air convaincu.
- Et troisièmement, il y a cette chaleur étrange, que tu as ressentie, après être revenu sur terre. Conclu le génie aux lunettes, avec une pointe d’inquiétude dans la voie.
- Je la ressens toujours. C’est très étrange, comme sensation.
Jérémie ne répondit pas, mais bougea sur son siège, pour la regarder de nouveau. Il n’avait pas osé lui demandée, comment son état avait évolué. Mais il commençait à s’inquiéter très sérieusement pour son amie. Aelita semblait avoir deviné ses pensées. Maintenant qu’il s’était tourné vers elle, ils se faisaient face. Elle lui dit, en se penchant sur lui à un tel point que leurs fronts se touchaient.
- Ecoute Jérémie, je pense que tu devrais éviter de te faire trop de soucis.
- Mais Aelita, je... je m’inquiète... pour toi. Bafouilla t’il, gêné que leurs visages, soient si proches.
- Merci Jérémie. Répondit-elle, en reculant finalement, voyant son ami devenir de plus en plus rouge.
- Bon. Dit Jérémie, en essayant de reprendre son calme. On va chercher, qu’elles sont ces informations qui sont rassemblées dans la tour. On pourra peut-être enfin faire le lien, avec cette chaleur que tu ressens. Hein ?
Le jeune fille, qui avait elle aussi les joues proches de l’écarlate, approuva d’un signe de tête. Elle pensa pour elle-même.
« Ce n’est pas le même genre de chaleur, que quand je suis avec toi Jérémie. »
Mais elle dit à voie haute.
- C’est étrange. Cette sensation, c’est comme s’il y avait constamment quelqu’un, avec moi.
Jérémie échangea un regard inquiet avec son amie, avant de se replonger dans son travail de recherche. Il pensa un instant, à toutes les questions, qu’il devait résoudre.
« Une tour désactivée qui collecte toute seule des informations. Quelqu’un qui consulte, ses informations sans laisser de trace. Et Aelita qui ressent une sorte de mystérieuse chaleur, après être revenu de Lyoko. Qu’est ce que tout cela veut dire ? »

Milly, elle non plus, ne quittait pas l’écran de son ordinateur des yeux. Depuis, qu’elle avait reçu la visite de madame Hertz, elle travaillait avec un très grand soin, à la rédaction de la une, du prochain « Kadic news ». Il fallait que cela plaise, aux lecteurs potentiels et aussi à Tamiya.
Elle se demanda justement, ce que faisait sa meilleure amie. Il lui en fallait du temps, pour développer quelques photos. La petite rousse soupira et regarda l’heure en bas de l’écran.
-18h40. Elle en met du temps.
Elle avait parlé d’un ton las. Elle se replongea cependant avec énergie, dans son travail. Ce journal c’était sa passion. Elle se demandait même, comment elle faisait pour vivre, quand il n’existait pas. Elle réfléchit, à la manière de tourner une de ses phrases, puis se remis à pianoter sur son clavier, mais avec moins d’habilité que Jérémie. Elle ne détourna la tête, que quand la porte s’ouvrit laissant apparaître sa camarade de chambre, de toute évidence satisfaite de ses clichés.
- C’est bon, toutes les photos sont développées. Annonça t’elle.
- Montre. Répondit simplement son amie l’air sérieuse, en tendant la main.
Tamiya lui passa les quelques photos de la journée et resta debout à coté d’elle, à l’observer. Milly les regarda, les unes après les autres avec attention, mais ne trouva pas celle qu’elle cherchait. Elle leva la tête avec un regard soupçonneux vers son amie, qui lui répondit en souriant.
- C’est celle-ci, qui t’intéresse ?
La petite noire, avec un air espiègle tenait à la main, la seule photo qu’elle avait prise d’Hiroki.
- Passe la moi. Dit aussitôt Milly, en tendant à nouveau la main d’un ton autoritaire.
Tamiya eut l’air amusé de la réaction brutale de son amie. Elle regarda la photo et affirma, avec plus de sérieux et de calme.
- Madame Hertz nous a interdit de la publier, alors je vais la garder. On aura des ennuis, si jamais on s’obstine à s’intéresser à ce garçon.
- On en a besoin pour l’enquête. Insista la fille rousse, qui avait l’air mécontente, en se levant de son siège, les mains sur les hanches. De toute façon, on ne risque pas grand-chose. On va juste aller parler avec ce garçon, pour en savoir un peu plus. Les profs n’en sauront rien. Et puis de toute manière, c’est notre lot de fouiller, pour découvrir et faire éclater la vérité. Alors passe moi cette photo.
Tamiya avait écouté très attentivement l’énergique discours sur leur travail. Elle sourit une nouvelle fois un bref instant, en regardant la photo, puis obtempéra, mais avec cette remarque.
- Tu ne craquerais pas plutôt pour ce garçon ? Tu avais l’air très enthousiaste, quand tu as demandé à madame Hertz, dans quelle classe il était.
Sa collègue qui avait enfin le précieux cliché, répondit immédiatement en essayant de prendre un regard sérieux.
- Je m’intéresse surtout, à ce qu’il va nous dire.
Son interlocutrice sembla acquiescer d’un signe de tête, mais avec un soupir, avant de réorienter la conversation.
- D’accord. Sinon tu as bien avancé, pendant mon absence ?
Milly se réinstalla devant l’écran d’ordinateur, pour le lui montrer.
- Oui, regardes donc un peu tout ce que j’ai rédigé.
Son amie attrapa sa chaise de bureau et vint s’asseoir à coté d’elle.
- Voyons voir.
Les deux filles restèrent un bon quart d’heure à lire, en échangeant quelques paroles sur les rectifications à apporter. Il était presque 19h00 et elles débâtaient toujours sur certains sujets.
- A mon avis, il vaudrait mieux faire, comme si le mystère n’était pas résolu. Dit Milly, énergique. De cette manière, les lecteurs attendront avec impatience, les prochains numéros.
- Oui, mais il faudrait éviter de trop polémiquer. Répondit son amie, beaucoup plus calme. Sinon, on risque d’avoir des ennuis avec madame Hertz.
- On ne parle presque pas du garçon. Il n’y aura pas de problème.
Tamiya ne semblait qu’à moitié convaincu, par cette réponse catégorique. Elle semblait cependant prête à laisser raison à son amie et finit par lui dire.
- Si on en parlait devant le dîner. Il est l’heure.
L’estomac de Milly grogna, comme pour confirmer. La rousse sourit un peu gênée et choisit donc de suivre l’avis de sa camarade et aussi celui de son ventre.
- D’accord, allons manger. Décida t’elle, de son ton normal.
Les deux filles se levèrent et sortirent de leur chambre, qu’elles fermèrent soigneusement à clef. Elle étaient toujours très prudente, là-dessus car elles n’étaient jamais exemptées de subir des mauvaises blagues. Et en plus, en dehors de leur travail sur le terrain, elles avaient sur ordinateur, de longues heures de travail de bureau, auxquelles elles tenaient énormément. Alors qu’elles avançaient dans le couloir, en se joignant à plusieurs groupes d’élèves, qui descendaient manger, Milly eut soudain une idée et en fit part à sa collègue.
- Je n’ai jamais vu ce garçon au réfectoire, il doit être externe. Cela réduit déjà notre champ de recherches.
La jeune noire acquiesça d’un vigoureux signe de tête et ajouta sérieuse.
- En revenant, j’ai montré la photo à deux ou trois sixièmes, que j’ai croisé. Mais aucun d’eux ne le connaissait.
- Tu leur as dit pourquoi, tu le cherchais ? Demanda aussitôt Milly, avec curiosité.
- Oui. Répondit Tamiya en souriant. Je leur ai dit, qu’une amie à moi, avait un faible pour lui et que je voulais savoir, dans quelle classe il était.
- Tu ne leur as quand même pas dis ça ? S’exclama sa meilleure amie.
- Mais non, je ne leur ai pas dit pourquoi. Affirma sa collègue, le sourire aux lèvres avant de redevenir plus concentrer. C’est sûrement pour cela, qu’ils ne m’ont rien dit.
Milly réfléchit un instant et sortit le carnet où elle prenait ses notes et en tira la photo, qu’elle regarda avant de dire.
- Un asiatique avec un pull moutarde, il ne doit pas y en avoir tant que ça, dans ce collège.
Les deux filles continuèrent à marcher, sans savoir que derrière elle, un garçon qui avait entendu la dernière phrase, les regardait stupéfait. C’était Johnny, l’ami d’Hiroki.

Jérémie regarda son écran et poussa un profond soupir. Il pivota sur son siège, pour faire face à Aelita, qui attendait assise sur le lit. Jérémie avait l’air légèrement déprimé. Il attendit et se décida à parler.
- Cela ne donne rien Aelita. Mon programme n’est pas encore au point, puis il se passe des choses bizarres. Il faudrait que j’y travaille sur l’ordinateur du laboratoire.
La fille aux cheveux roses sembla quelque peu surprise, surtout quand le garçon avait parlé de choses bizarres et demanda.
- Pourquoi que se passe t’il, Jérémie ?
Le génie sembla hésiter. Il avait voulu éviter de perdre la face devant son amie, mais avait aussi voulu éviter de trop en dire. Il avait donc trop parlé, ou pas assez. Il détestait cacher quoi, que ce soit à Aelita. Elle était depuis qu’il l’a connu, sa confidente. Celle-ci d’ailleurs reformula sa question, sur son ton calme et habituel.
- Tu n’avais aucun mal, à travailler sur la matérialisation depuis ton ordinateur. Quel est le problème, pour travailler sur une tour ?
Cette fois Jérémie répondit sans détour, mais avec un air perplexe.
- C’est comme, si la communication avec Lyoko était altéré. J’ai du mal à capter, ce qui se passe exactement. Et finalement, je sais qu’il y a des informations stockées dans la tour, mais je n’arrive pas à y accéder.
La jeune fille sembla légèrement inquiète. Elle demanda en regardant bien Jérémie dans les yeux.
- Tu as une idée de ce qui brouille la communication ? Cela arrive parfois, tu sais, qu’il y ait des difficultés de connexion, entre la Terre et Lyoko.
Jérémie sembla reprendre un peu d’énergie, en entendant son amie, qui tentait de le rassurer. Il répondit l’air un peu plus déterminé.
- C’est vrai, ce n’est peut-être qu’une coïncidence.
- Il y a autre chose, Jérémie. Ajouta l’ancienne habitante de Lyoko, avec une expression très sérieuse et concentrée, qui faisait penser à un professeur en plein cours. Tu sais que les tours servent entre autre à la gestion des différents territoires de Lyoko. J’ai déjà remarqué des flux d’informations dans des tours, dans lesquels j’attendais. Cela n’avait jamais été aussi dense et rapide, que ce que nous avons vu. C’est pour cela, que je n’en avais pas parlé. Mais il est possible, que ce soit un programme automatique, que les tours exécutent. Peut-être, qu’après une attaque de Xana, elles doivent se remettre à jour et qu’elles le font seul. Donc si c’est un programme interne de la tour, il est normal que l’on ne trouve pas de contact, avec l’extérieur. Il n’y en aurait tout simplement jamais eut.
Aelita s’arrêta dans son discours et reprit son souffle. Jérémie avait suivit avec passion. Finalement tout cela était très probable. Il répondit, avec un léger sourire.
- C’est peut-être vrai. Et on aurait l’air idiot, si c’était ça. On se serait inquiété pour rien.
Aelita sourit, mais un sujet d’inquiétude était demeuré et elle le savait, donc elle reprit la parole.
- Il y a toujours, le problème de cette chaleur que je ressens. N’est ce pas.
Le sourire de Jérémie, s’effaça à ce rappel. Il confirma, l’air grave.
- En effet, c’est peut-être une attaque de Xana. Quand on y pense, avant que vous n’arriviez devant la tour, la méduse t’a attaqué. Elle t’a peut-être implanté, quelque chose de nouveau à ce moment là.
- Justement Jérémie, écoutes-moi. On ne t’a pas tout dit sur ce qui s’est passé sur Lyoko et ton écran ne t’a pas permis de le voir.
Jérémie parut stupéfait. Il s’était passé quelque chose de particulier et Aelita, ni les autres ne lui en avait parlé ? Il pensait pourtant, qu’ils formaient un véritable groupe d’amis. En plus, comment ses amis avaient visiblement gardé, une information qui avait l’air aussi grave. Il réagit brutalement.
- De quoi s’agit-il ?
Aelita eut un mouvement de recul, puis elle répondit calmement, en baissant le regard.
- C’est Yumi. Quand la méduse m’a attaqué et qu’elle est venue à mon secours, la méduse l’a enserré, elle aussi. Mais elle semblait juste vouloir, l’empêcher de m’aider et...
Jérémie surpris se leva et s’avança vers elle et la coupa dans sa phrase.
- Hein ? Mais c’est Yumi, qui t’a tiré de là ? J’ai bien vu, qu’elle a collé la méduse et qu’Ulrich et Odd étaient trop loin, pour vous aidez.
- Oui. Repris Aelita, toujours calme. Ses éventails avaient manqués la méduse, mais quand ils sont revenus, ils ont sectionnés les tentacules et cela nous a permis, de nous libérer. Comme Yumi n’avait pas subit, d’attaque mentale de la méduse, elle m’a soufflé de ne pas en parler. Et tu ne pouvais pas entendre, Odd faisait trop de bruit en criant et puis il y avait aussi les monstres, qui explosaient après avoir été détruit.
Cette fois, Jérémie l’avait laissé poursuivre, sans l’interrompre. Il attendait debout au milieu de la pièce, les bras croisés. Mais, il sembla perplexe.
- Une seconde, il y a quelque chose, qui ne colle pas. Je vois où tu veux en venir. La présence que tu ressens serait celle de Yumi. En étant toutes les deux agrippés par la méduse, vous auriez eu une sorte de lien, qui se serait créé entre vous. C’est possible. Mais le problème, c’est que Yumi n’aurait pas demandé, à ce qu’on ne s’assure pas, de ce qui s’était passé. Elle est bien trop intelligente, pour cela. Je peux comprendre, que tu ais accepté de ne rien dire par amitié, mais pas que Yumi ait prise cette décision.
Aelita avala sa salive. Elle joignit les mains comme si elle voulait prier et répondit, embarrassée.
- Elle a des problèmes, ces derniers temps. Il faut absolument, qu’elle évite les absences en cours. Elle essaye de faire, comme si cela n’était pas trop grave devant vous. Mais elle m’en a parlé, seulement à moi, il y a peu de temps.
Jérémie sentait, qu’il y avait là plus grave, que les ennuis traditionnels. Il insista donc, en fixant son amie, qui gardait obstinément les yeux baissaient.
- Quel est le problème ?
Mais Aelita sembla ne pas vouloir, lui répondre. Elle dit, dans ce sens.
- Je lui ai promis, que cela resterait entre nous.
Jérémie préféra sur le coup réfléchir. Il passa en revue les problèmes, que les retards en cours pouvaient engendrer. En se basant sur l’expérience, il en voyait deux : les problèmes avec l’administration et ceux avec les parents. Il était vrai, que les parents de Yumi semblaient quand même assez sévères. Il décida de demander.
- Réponds moi simplement, Aelita. Elle risque des problèmes avec le proviseur ou avec ses parents ?
Aelita le regarda, comme pour lui dire, qu’elle ne devait pas en parler. Elle décida de dire.
- Je préfère, qu’elle te le dise, elle-même. Mais avec un peu de chance, comme dirait Ulrich, il y a plus de peur que de mal.
Jérémie n’eut pas le temps de répondre. On frappa à la porte et Odd entra avant même, que l’un des deux occupants de la pièce, n’ait répondu.
- Vous venez, tous les deux ? C’est l’heure de manger. Il faut se dépêcher, sinon il n’y aura plus de viande, à manger.
Jérémie sourit voyant, que les soucis de Odd, eux étaient toujours les mêmes et bien connus de tous. Il dit alors.
- On arrive Odd.
Il ajouta en se tournant vers Aelita et en lui tendant, la main pour l’aider à se lever.
- Dépêchons nous, les émotions ça creuse, comme dirait Odd.
Une fois dans le couloir, Jérémie ferma soigneusement sa porte à clef. Il avait des mois de recherches dans son ordinateur et il voulait absolument éviter, qu’un intrus quelque qu’il soit vienne détruire son précieux travail. Odd les attendait, visiblement impatient.
- Où est Ulrich ? Demanda Aelita, l’air innocente.
- Il fait la tête. Il est déjà descendu. Se contenta de répondre Odd, de manière évasive.
Jérémie soupira et souffla à Aelita.
- Je te paris, qu’il s’est disputé avec Odd. Par contre, pour ce qui est de Yumi, on lui en parle demain dés la première heure. Il vaut mieux, que l’on se parle tous pour essayer de régler les problèmes. D’accord ?
Aelita approuva d’un vigoureux signe de tête.
- D’accord. Répondit-elle, d’un ton assez convaincu.

Pendant, que les pensionnaires du collège commençaient à aller manger, chez la jeune japonaise aussi, l’heure du repas approchait. Dans sa chambre, Yumi avait réussi, à oublier ses soucis, en se plongeant dans les révisions. Mais, en jetant un œil à sa montre, elle vit qu’elle indiquait 18h51. Son père n’allait pas tarder, à rentrer. Et le dîner risquait fort de ressemblait à un interrogatoire et un sermon de son père. Décidément, la vie était parfois bien pénible. Mais Yumi faisait face, à ce genre de difficultés depuis longtemps et commençait à être rompu, pour ce qui était d’y faire face.
Elle était toujours allongée sur son lit, mais elle avait enlevé ses écouteurs, pour se concentrer sur son travail. Elle regarda, au plafond et réfléchit.
« Cette chaleur, ce n’était pas naturel. Pourquoi, l’ai-je ressenti en regardant Hiroki ? »
La pensée de la méduse, lui revint en mémoire. Elle avait volé, au secours d’Aelita et la méduse n’avait rien trouvé de mieux, que de l’enserrer, pour la neutraliser. Est-ce qu’il s’était passé, quelque chose à ce moment-là ? Non. La créature de Xana n’avait pas mis, ses tentacules sur ses tempes, comme elle l’avait fait, avec Aelita. Yumi sur le coup avait pensé, que cela n’avait pour elle, qu’une attaque physique classique. C’était-elle trompée ?
« J’espère que Xana ne m’a pas implanté un virus, à moi aussi. »
Cette pensée l’avait effrayé un instant. Mais non, elle n’avait rien senti de tel. Le doute pourtant restait toujours présent. Mais la japonaise n’eut pas le temps d’y penser d’avantage. Elle venait d’entendre une voiture, se garer devant le garage de la maison. Elle regarda de nouveau sa montre, il était 18h58. Elle comprit, qu’un autre problème risquait de se poser à elle. Maintenant que son père était rentré, elle allait devoir fournir de nouvelles explications. Elle avait certes, eut le temps de se préparer, depuis qu’elle était rentrée à la maison. Mais, le moral lui n’y était pas vraiment. Elle mentait sans cesse à ses parents, ses derniers temps. Cela lui posait un sérieux problème de conscience. Elle envia un instant, le sort de ses amis qui vivaient en internat.
L’instant d’après, elle entendit la porte d’entrée. Ca c’était son père, qui pénétré dans la maison. Elle cru entendre sa mère, le saluer depuis la cuisine. Il y eut quelques secondes de silence, avant qu’elle ne distingue la voie de son père, visiblement en colère. Yumi presque malgré elle, se redressa, s’assit sur son lit et tendit l’oreille. Elle comprit quelques mots, seulement, mais qui n’avait rien de rassurant, pour son avenir. Elle entendit, son prénom « Yumi ». Visiblement, son père était désormais au courant du retard et se lançait visiblement dans un long discours, car a aucun moment la japonaise n’eut l’impression qu’il ne s’arrête, ni n’entendit sa mère répondre quoi que ce soit. Les mots « encore » et « amis », furent les seuls, qu’elle comprit, tant qu’elle resta sur son lit. De toute évidence, il disait qu’elle était encore en retard et que c’était de la faute de ses amis. A sa manière, il avait raison. Mais Yumi, mettait ses retards sur le compte de Xana et pour elle c’était un choix volontaire, que de combattre Xana. Donc, la jeune fille estima, que ses amis n’étaient pour rien, dans ses retards.
« Mais ça, je ne pourrais pas l’expliquer, à mes parents. » Songea t’elle.
Les explications allaient devoir venir, de toute manière. La japonaise entendit sa mère visiblement au pied de l’escalier, qui appelait ses deux enfants, d’un ton énergique et quelque peu autoritaire.
- Yumi ! Hiroki ! Venez, c’est l’heure de manger.
Yumi se leva et s’étira un instant. Elle préfèrerait largement dormir plutôt que de manger. Mais cela aussi, elle aurait des problèmes pour l’expliquer à sa famille. La jeune fille marcha vers la porte de sa chambre. Elle sortit et sentit, comme lorsqu’elle y était rentré, une présence à coté d’elle. Elle ne pu s’empêcher d’avoir un frisson et tourna la tête. Hiroki était là, de nouveau. Mais, il passa à coté d’elle en détournant le regard. Yumi repensa à cette sensation étrange, quand elle l’avait regardé dans les yeux.
« Lui aussi a senti cette chaleur. C’est sûr. Ou alors, c’est qu’il fait la tête. »
Cette deuxième idée traversa l’esprit de la grande sœur. Peut-être était-il vexé, qu’elle lui rappelle, ses notes du dernier trimestre ? Elle se posa la question. Tout en descendant lentement l’escalier derrière lui. Elle entra dans la cuisine, à sa suite. Finalement, elle préférait le regard de son frère, à celui que son père lui jeta, quand elle mis les pieds dans la pièce. M. Ishiyama regarda sa fille et déclara avec un ton très sévère.
- Yumi, nous allons avoir une petite discussion. Tu étais encore en retard, à tes cours cet après-midi et cette fois, ça commence à bien faire.
Yumi s’assit et ne répondit rien. Elle releva quand même la tête pour écouter son père. Elle croisa l’espace d’un instant le regard d’Hiroki. Elle se sentit encore une fois envahit intérieurement, par ce sentiment de chaleur désagréable. Il s’estompa dés que les regards des frères et sœurs se séparèrent, laissant Yumi troublée et lui faisant même oubliait la présence de ses parents, dans la pièce.
« Mais, qu’est ce que j’ai ? » Pensa t’elle en fixant obstinément son petit frère.



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